Le Pirate (1973, Da hai dao)

Article écrit par

Plans larges – un peu de côté ou gros plans éclaboussés, éclairage naturel très ensoleillé et couleurs chatoyo-mordantes. Nous sommes dans un film hong-kongais des années 70, dans le pur style des productions à la chaîne des Shaw Brothers : quarante films produits à l’année, à cette grande époque, soit un peu plus d’une semaine […]

Plans larges – un peu de côté ou gros plans éclaboussés, éclairage naturel très ensoleillé et couleurs chatoyo-mordantes. Nous sommes dans un film hong-kongais des années 70, dans le pur style des productions à la chaîne des Shaw Brothers : quarante films produits à l’année, à cette grande époque, soit un peu plus d’une semaine pour emboîter une production. Dans ce contexte, allons-y franchement !

Chang (Ti Lung) est un pirate des mers, une sorte de Robin des Bois contemporain qui pille les riches pour donner aux pauvres. Il est insolent, fier, un peu méchant mais surtout acrobate et maîtrise parfaitement l’art du kung-fu. Et il a de l’humour qui vire même à la philosophie : « un bateau c’est plus important que la vie ». Pourtant il va devoir affronter le Gouvernement, une femme à poigne et un homme de Loi, le général Hu (David Chiang), juste mais chargé de le faire enfermer en prison.

Le film est bourré d’actions et de scènes cocasses. Les combats s’enchaînent un peu partout : sur un bateau, dans des maisons et pour finir à la plage. Il y a pratiquement que des rôles masculins à part le rôle de la chef de gang, chargée elle aussi de stopper Le Pirate. Elle tient la dragée haute à ses partenaires : même si elle fait autant de grimaces qu’eux, elle est plus convaincante.

Le plus impressionnant dans ce jeu de force est sans contexte Double-sabre (Fan Mai-Sheng). Au début du film il sort de prison puis va dans une auberge et croque à pleine dents dans un os tout en donnant ses ordres : il a rejoint ses compagnons… il fait des choix de jeu énormes pour convaincre, mais on y croit car contrairement aux autres acteurs, il ne caricature pas son personnage.

Le Pirate est donc un bon film de divertissement qui rassasie tous les estomacs, petits et grands. Par contre ne nous attendons pas à une réalisation époustouflante. Un non professionnel pourrait faire mieux avec une caméra 8 mm… « Ce qui est dit est dit », paroles de Chang Pao-Chai.

Titre original : Da hai dao

Réalisateur :

Acteurs : , ,

Année :

Genre :

Durée : 83 mn


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

La ragazza di Bube : une leçon d’humanité

La ragazza di Bube : une leçon d’humanité

Dans l’arrière-pays toscan à peine libéré du joug fasciste, un lien indéfectible se noue entre le jeune partisan Arturo dit  » Bube » , le vengeur, et Mara, jeune sauvageonne en mal d’amour. Dans les convulsions et les remous politiques de l’ immédiat après-guerre, Luigi Comencini filme le passage à l’âge adulte de la jeune paysanne immature. Ballotée par des événements qui la dépassent, elle prend brusquement conscience de sa nature profonde. C’est aux côtés du maquisard qu’elle va forger une expérience désabusée de la vie. Relecture actualisée..

Nuit et Brouillard ou comment convoquer l’indicible

Nuit et Brouillard ou comment convoquer l’indicible

A revoir « Nuit et brouillard », le documentaire d’Alain Resnais nous plonge dans une sidération honteuse. Les images de déshumanisation génocidaire hantent sans répit notre mémoire et convoquent notre mauvaise conscience collective. Elles sont le contrepoint du plaidoyer élégiaque en faveur d’une paix universelle que sous-tend la sublime prose littéraire de Jean Cayrol, écrivain-poète et résistant déporté à Mauthausen en 1942. Le présent des ruines et de désolation est le pendant d’un passé tragique qu’il s’agit de raviver douloureusement pour le tirer de l’oubli terminal. Dix ans après la découverte de l’ampleur victimaire de la « solution finale » sciemment élaborée par les dignitaires nazis, la mobilité contemplative des travellings parcourant les vestiges de la machine concentrationnaire vient contrebalancer la stase des charniers de cadavres amoncelés ad nauseam et déblayés par les bulldozers dans un précipité hallucinant. Relecture de ce documentaire fondateur à l’aune de notre regard rétrospectif contemporain..