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Le monde après nous

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Sur le fil ténu d’un tendre scénario, un film bouleversant et enthousiasmant.

Deux acteurs pleins de charme

Ce petit film sympathique et plein de sensibilité repose bien sûr sur les deux acteurs principaux, Aurélien Gabrielli et Louise Chevillotte dont la réalisatrice a su tirer tout le miel et la tendresse. Déjà on fond à voir ces deux personnages s’aimer. On est ému de les voir tenter de vivre leur histoire d’amour malgré toutes les chausse-trappes de cette garce de vie qui n’épargne personne. Mais ce n’est pas pour autant ni un mélo, ni un drame épouvantable. Un film sur la vie comme elle va en fait. En plus, Le monde après nous est une réflexion sur le travail d’écrivain car Labidi exerce plusieurs petits métiers, héberge puis squatte chez un copain, vivote pour pouvoir écrire l’œuvre de sa vie. Et c’est profondément romantique. Qui n’a jamais rêvé de cela étant jeune n’a pas vécu, n’a pas rêvé, n’a pas aimé. C’est le sel de la jeunesse, le lait de la tendresse humaine, l’espoir incarné qui fait que toute vie mérite d’être rêvée avant que d’être vécue. Et c’est tout le charme de ce scénario qui tient en deux lignes, qui est si tendre et si délicat qu’on lui pardonne son happy end, pourtant bien mérité mais pas attendu justement. Du reste le titre du film se retrouve à la toute fin et on le comprend mieux, mais on ne vous dévoilera pas pourquoi, on ne travaille pas sur TF1.

La magie de Paris et de la jeunesse

Par moment, on dirait du Truffaut époque Baisers volés, du Godard, du Eustache, enfin se on se prend à rêver : peut-être un souffle nouveau dans le cinéma français à l’agonie avec ses comédies chères à deux balles. Labidi, entre deux origines, entre banlieue et Paris, entre deux boulots, rêve de devenir écrivain et il fait plein de petits boulots pour survivre. Un jour, il rencontre Elisa comme dans un roman de Boris Vian. Elle n’est pourtant pas malade comme Chloé, mais vient d’un milieu un peu plus bourgeois et, pour la séduire et la garder, comme dans les contes de fées, il va vivre au-dessus de ses moyens et voler aussi, un peu. Film un peu fauché, donc pas de co-scénariste pour accompagner Louda Ben Salah-Cazanas mais, pour une fois, le scénario tient la route. Enfin, peu importe en fait car c’est l’émotion et la tendresse qui nous submergent ici. C’est bien sûr encore une fois un premier film, et on y retrouve bien évidemment l’âme de celui qui l’a écrit et qui l’a réalisé.

Quand j’écris, je le fais pour moi

Souvenirs d’une jeunesse pas si éloignée et des galères qu’on regrette presque. On entendrait presque la chanson sublime de Charles Aznavour, Ma bohème. Ici point de road movie, pas de suicide ni de drogue dure. Un film tendre et délicat qui vous marquera pour toujours. « Je me suis mis à écrire quelque chose de très personnel, confie Louda Ben Salah-Cazanas dans le dossier de presse du film. D’où ces mots que prononce Labidi : Quand j’écris, je le fais pour moi, qui est le dialogue clé du film. Ce nouveau projet décrivait ce que je vivais, à savoir la vie de jeunes à Paris qui sont sans argent et qui ne sont pas issus d’une classe qui leur permet de vivre dans cette ville et de réaliser leur art. »

 

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Durée : 85 mn


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