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Jacques Rozier

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On se penche sur l’art libre et bienveillant de Jacques Rozier.

Cinq longs métrages pour le cinéma et une poignée de formats plus courts souvent signés pour la télévision. Cette filmographie restreinte défini parfaite ce qu’est Jacques Rozier, une âme libre prête à mettre sa carrière entre parenthèse si les conditions idéales de créations ne sont pas au rendez-vous. Cette liberté l’affranchit des mouvements auxquels on pourrait l’associer comme avec l’inaugural Adieu Philippine (1962) où Rozier se montre à la fois plus poétique mais aussi plus ancré dans le réel que la plupart des chantres de la Nouvelle Vague. Il se tient également à l’écart des codes de la narration classique pour privilégier l’émotion de l’instant, l’éphémère éclat du temps qui passe à travers les protagonistes attachant de Du côté d’Orouët (1973). Rozier est également capable de s’inscrire dans l’entre-deux du basculement d’une époque avec l’hypnotique et loufoque Les Naufragés de l’île de la tortue (1976). Ces œuvres uniques naissent des méthodes de travail singulières de Rozier, tout en improvisation et en recherche de l’incident. Ce chaos volontaire n’interdit pourtant pas une recherche formelle éblouissante où les paysages, les silhouettes ou les visages participent aux frémissements inattendus qu’orchestre Rozier. La rareté de l’artiste n’en que plus précieuse sa passionnante œuvre.


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