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El reino

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Présenté comme un thriller volontairement confus, le film est un réquisitoire contre la malhonnêteté en politique.

Un scandale politique et financier

Depuis une bonne dizaine d’années, l’Europe – et sans doute le monde entier – ne connaît que des scandales financiers qui éclaboussent les femmes et les hommes politiques, de tous bords, sans que cela ne semble les déranger le moins du monde. Cet état de fait est certes révoltant, parce qu’il traduit la malhonnêteté et le lucre de ceux qui sont censés diriger les peuples, et surtout il rejaillit sur la classe politique en son entier en lui ôtant toute crédibilité. Rodrigo Sorogoyen, qui a acquis une réputation internationale surtout avec Que Dios nos perdone en 2016, se penche ici sur un de ces hommes politiques espagnols, mais qui pourrait tout autant être Français, voire Italien, qui fait des malversations et tente allégrement de passer à travers les mailles du filet. Son film raconte par petites touches l’histoire d’un homme politique, Manuel López-Vidal très influent dans sa région. Alors qu’il doit entrer à la direction nationale de son parti, il se retrouve impliqué dans une affaire de corruption qui menace un de ses amis les plus proches. Pris alors au piège du pouvoir, il s’enferre dans un engrenage infernal. Il est difficile dans un premier temps de comprendre le rôle de chaque personnage car ils semblent unis et calqués presque sur le même modèle.

 

 

La routine de la corruption

Mais c’est le traitement du film qui est intéressant puisqu’il nous entraîne dans le même maelstrom que le protagoniste principal, si bien que le spectateur a parfois du mal à suivre toutes les imbrications de ces magouilles. Cela n’a que peu d’importance en fait, le film se veut le miroir d’un monde à la dérive. Dans sa note d’intention, le réalisateur nous confie  : «  La corruption politique en Espagne – et surtout, la totale impunité de ses leaders depuis une dizaine d’années – nous a laissé, ma coscénariste Isabel Peňa et moi, d’abord perplexes, indignés puis déprimés, et enfin presque anesthésiés. C’est la répétition des affaires de corruption de ces dernières années qui nous a décidés à raconter cette histoire. Comme dans Que Dios nos perdone, nous voulions faire un thriller, un film à suspense, qui accroche le spectateur mais qui parle aussi des êtres humains et de leur noirceur. »

 

 

Un film noir

Question noirceur, nous sommes servis ici car les personnages, notamment la chef du parti politique, sont présentés en fait presque comme des businessmen, voire des gangsters, sans foi ni loi, plongés dans les couleurs froides d’Alex de Pablo ou les décors sans âme de Miguel Angel Rebollo. L’acteur principal, Antonio de La Torre, campe parfaitement un homme politique froid et calculateur, qui se croit au-dessus des lois et qui gère sa carrière comme une tuerie. Il en va de même pour tous les autres acteurs qui brossent une galerie de personnages négatifs et le tout sans une once de théâtralité ou d’artificialité. C’est la peinture hyperréaliste de la vraie vie de ceux qui dirigent maintenant la planète, plus intéressés par leurs grosses affaires que par le bien-être de l’humanité, et qui osent toutefois vous parler d’écologie, de liberté et d’égalité. Bien sûr, chacun pourra voir ce film à sa manière, vaste puzzle à la limite du thriller, mais dans lequel chacun retrouvera aussi la situation que la France connaît à l’heure actuelle, qui s’accentue et qui représente un réel danger pour la République mais surtout pour la santé mentale des citoyens.

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Durée : 131 mn


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