Donne-moi la main

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Frères jumeaux de 18 ans, Antoine et Quentin décident de partir à pied en Espagne, assister aux funérailles de leur mère…

Donne-moi la main est ainsi l’histoire de ce périple au cours duquel deux frères vont être amenés à faire des rencontres – furtives, mais aussi apprendre à mieux se connaître eux-mêmes. S’inspirant de road-movies, cherchant à faire de cette aventure une sorte de rite d’apprentissage, Pascal-Alex Vincent ne parvient pas à transformer ses idées en scènes fortes pour le spectateur.

On devine les intentions du réalisateur, on imagine ce qu’il espérait des scènes filmées… sans y parvenir. Ainsi, si le postulat de départ est plutôt séduisant, les rencontres rythmant cette aventure, et même la relation entretenue par deux frères, ne parviennent pas à toucher. Profondeur et intensité font grandement défaut à Donne-moi la main. La volonté de ne présenter que des rencontres fugaces, sans suites, trouve sa justification mais, pour que ces épisodes soient touchants, émouvants, il aurait fallu que l’émotion passe, qu’une intensité dramatique s’installe dès les premiers contacts, ce qui n’est pas le cas. Des rencontres si courtes ont besoin, pour  avoir un sens à l’écran, d’être magiques, or elles ne le sont pas ; le réalisateur n’a, en effet, pas réussi à créer une ambiance, une atmosphère singulière autour de chacune d’elles. 

De plus, les acteurs en eux-mêmes ne sont pas convaincants. Il arrive que le spectateur ait du mal, tout simplement, à croire à la scène se déroulant sous ses yeux – faute de naturel, de spontanéité. Ne se sentant pas en connivence avec les deux frères, il ne parvient pas à se sentir impliqué, à être touché.
L’originalité du début est tout de même à soulever : c’est par un dessin animé que le réalisateur pose la situation, les personnages ne devenant «humains» que lorsque leur périple commence réellement et qu’ils se retrouvent sur un chemin, en route pour l’Espagne. Ce stratagème judicieux permet de ne pas s’éterniser sur ce « prologue », et montre l’intérêt du mélange des disciplines.
Il faut noter, également, l’éblouissante présence d’Anaïs Demoustier. Fraiche, légère, elle illumine l’écran et il suffit qu’elle apparaisse pour qu’une situation prenne un sens ; il suffit de son regard pour capter l’attention du spectateur. On peut ainsi regretter qu’elle ne fasse pas un bout de chemin plus long avec Antoine et Quentin.

Enfin, la musique… C’est grâce à celle-ci que le film parvient à trouver un certain rythme et – de façon toute relative – à séduire. Les passages que l’on apprécie sont bien ceux où l’on se trouve guidé par la musique de Tarwater. Pas de paroles, simplement deux adolescents qui marchent, évoluent au son d’une musique qui a quelque chose de magique. Lors de ces passages, et alors qu’il ne se passe pourtant rien de particulier, le film semble en voie de prendre une autre dimension… En voie seulement, car une bande son ne peut compenser, à elle seule, un manque d’intensité général.
Insipide, ce premier long métrage manque de personnalité et de profondeur… Un essai manqué donc, en attente de la suite.

Titre original : Donne-moi la main

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Durée : 80 mn


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