Cinéma à l’université – Le regard et le geste

Article écrit par

Comment enseigner ce qui ne s’enseigne pas ?

Sous la houlette de Frédéric Sojcher et Serge Le Péron, tous deux cinéastes et professeurs de cinéma en Université, voici une somme cinématographique qui pourra aider tous les étudiants en cinéma et ceux qui s’y destinent. Le sous-titre du livre en dit long d’ailleurs puisque le regard et le geste sont les deux atouts majeurs pour qui veut filmer, pour qui veut aussi analyser le cinéma, pour qui veut enfin le critiquer. Les métiers de cet art – pas si facile qu’il n’y paraît quand on regarde les César et autres cérémonies – abondent et c’est pourquoi des livres de ce genre sont les bienvenus.

Une trentaine de contributeurs tels que les deux directeurs de la publication bien sûr, mais aussi Noël Herpe, Jean-Paul Civeyrac, Antoine de Baecque, Jean-Michel Frodon ou Alain Bergala, pour ne citer que les plus connus, défendent une transmission conjuguant analyse filmique et pratiques du cinéma. Le cinéma et les images animées sous toutes leurs formes ont fini par gagner l’ensemble des domaines de la culture, de l’éducation et du divertissement, bien au-delà des salles de projection et de la télévision. Art majeur de l’époque, le cinéma est à la fois médium artistique, objet culturel mondialisé, technique universelle de communication, industrie lourde et affaire d’État. Le Cinéma à l’université, le regard et le geste témoigne de la très grande richesse des enseignements de la pratique du cinéma qui existent en France et dans les pays francophones. Quels sont les enjeux de transmission, comment apprendre un regard et un geste, penser et faire du cinéma ?

Tenter de cerner « ce qui fait le cinéma » peut aussi intéresser, au-delà des étudiants et des enseignants, tous ceux qui sont passionnés par le 7e art et qui souhaitent comprendre les actes de créations filmiques.

En substance, le livre est ouvert à tous ceux qui, en plus, veulent réfléchir sur la puissance des images et de l’imaginaire dans une société de plus en plus dévolue au visuel et à la tentation du virtuel.

Sous la direction de Serge Le Péron et Frédéric Sojcher. Cinéma à l’Université. Le regard et le geste. Les Impressions nouvelles. coll. Caméras sujectives. 472 pages. 24 euros.

 

Dans le même ordre d’idée, Frédéric Sojcher et ses collègues organisent régulièrement des rencontres au Forum des Images à Paris. La prochaine aura lieu le mercredi 4 mars à 19 heures 30 en présence de Bérénice Bejo.

 

 

Année :

Pays :


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

Il était un père

Il était un père

Difficile de passer sous silence une œuvre aussi importante que « Il était un père » dans la filmographie d’Ozu malgré le didactisme de la forme. Tiraillé entre la rhétorique propagandiste de la hiérarchie militaire japonaise, la censure de l’armée d’occupation militaire du général Mac Arthur qui lui sont imposées par l’effort de guerre, Ozu réintroduit le fil rouge de la parentalité abordé dans « Un fils unique » (1936) avec le scepticisme foncier qui le caractérise.

Récit d’un propriétaire

Récit d’un propriétaire

Avant de fixer sur sa toile de fond les sempiternels drames et bonheurs étales de la maisonnée japonaise moderne, Yasujiro Ozu réfracte à travers ses films de l’après-guerre la démoralisation d’une société égarée dans le chaos des sentiments et les privations de l’occupation avant la reconstruction.