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Cannes 2019, jour 6 : Céline Sciamma très émue, Rebecca Zlotowski à la Quinzaine avec Zahia et Gaspar Noé en maître de l’épilepsie

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C’est une journée de femmes aujourd’hui au Festival de Cannes.

Alors que la Compétition bat son plein, avec des films très variés comme nous avons pu vous le montrer dans nos précédents articles en direct de la Croisette, deux réalisatrices dans deux sélections différentes viennent présenter leur vision d’un cinéma percutant, original et inattendu. Retour sur leurs deux longs métrages, avec un focus aussi sur le film ovni de Gaspar Noé.

Céline Sciamma, l’amour au féminin

On ne va pas le cacher, son film était très attendu en Compétition. L’histoire de deux femmes, Marianne et Héloïse, une peintre et une jeune femme de bonne famille, au 18e siècle. Deux rôles principaux, confiés à Adèle Haenel et Noémie Merlant, deux destins perturbés par les sentiments et deux aventures touchantes. Alors que Céline Sciamma a l’image d’une réalisatrice plutôt pop et moderne, elle nous emmène avec ce film sur un terrain nouveau, celui d’une autre époque où les conventions empêchaient toute liberté amoureuse ou sentimentale. On trouve dans ce long métrage une poésie dans la réalisation, un romantisme dans l’amour féminin jusque-là peu traité dans la Compétition. Cependant, on perd la surprise, le côté pop et arty de son cinéma. D’une certaine manière, Céline Sciamma se rapproche des films de Benoît Jacquot – à quelques surprises près, toutefois. On salue bien évidemment la démarche mais ce Portrait de la jeune fille en feu, malgré toute sa beauté, est un peu à part dans sa filmographie. L’émotion était palpable dans la salle pendant la projection officielle, c’était une belle sensation. Le film sort en salles le 18 septembre.

Rebecca Zlotowski fait jouer pour la première fois Zahia

Elle aime avoir un casting surprenant, Rebecca Zlotowski. Et pour Cannes, sachant en plus que son film « Une fille facile » se déroule à Cannes la Bocca, la réalisatrice adorée pour ses précédents films « Gand Central », « Belle épine » et « Planetarium », a décidé d’assumer son choix d’actrice principale pour raconter un bref moment de vie, celui d’un été où les corps bronzés s’échauffent. Ce film, que certains pourraient trouver superficiel, est pourtant tout ce qui fait le charme de la réalisatrice. D’une histoire de famille, entre cousines, d’un été où l’on apprend à se connaître, à se découvrir, elle en fait un véritable moment de réflexion sur la féminité, l’argent, le monde qui oppose riches et pauvres, le rêve et l’avenir. Avec une histoire en apparence simple, c’est toute la complexité de notre existence que la réalisatrice met en avant. Passé le début du film où l’on a du mal à voir Zahia en tant qu’actrice, aidée par la fabuleuse jeune comédienne Mina Farid, le duo féminin que tout oppose fait sens. Au cinéma le 28 août, date idéale pour le voir.

Gaspar Noé a décidé de nous rendre épileptique

Comme son film de 50 minutes, Lux Aeterna, est produit par Saint Laurent, on s’imaginait un moyen métrage de commande, plutôt lisse. Mais non. Gaspar Noé, qui nous a tant séduit l’année dernière à Cannes avec son film « Climax », revient avec un objet cinématographique, mettant en scène deux superbes actrices, Béatrice Dalle et Charlotte Gainsbourg. Elles sont sur un tournage, elles parlent des sorcières, elles vont péter un câble… Par sa maîtrise et son génie en réalisation et montage, Gaspar Noé nous fait vivre une expérience visuelle et sonore dingue. On sort du film complètement chamboulés, le cerveau retourné, l’envie de prendre l’air. Et c’est ça, la magie de ce Festival de Cannes. Voir des films toujours plus fous et se laisser avoir, même en 50 minutes.

 

Au programme de demain, le film des frères Dardenne et bien sûr, le Tarantino « Once upon a time… in Hollywoord ». L’impatience est grande !
Crédit photo de couverture : Stéphanie Chermont. Tous droits réservés.

 

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Crédit : Stéphanie Chermont

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