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Twilight – Chapitre 5 : Révélation 2e partie

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Dernier épisode et fin épique de la saga « Twilight ».

Drôle d’exercice que celui de chroniquer un Twilight. Si la franchise est l’une des plus lucratives au monde, elle est aussi l’une des plus dénigrées, en comparaison avec une autre adaptation de best-sellers pour ados : la saga Harry Potter, qui, elle, a connu un succès public et critique. Il faut donc analyser cet ultime volet tout en sachant que seuls les fans prendront la peine de se déplacer. Cette deuxième partie, qui reprend exactement là où le dernier épisode s’était arrêté, s’ouvre sur le réveil de Bella (Kristen Stewart) en tant que vampire. Pour les lecteurs de Stephenie Meyer, les attentes sont grandes : découvrir Bella dans sa forme surnaturelle, la représentation de son enfant hybride (mi-humain mi-vampire) et les différents clans de vampires venus des quatre coins du monde pour épauler les Cullen, la famille d’adoption d’Edward (Robert Pattinson).

Bella, vampire nouveau-né (un stade particulier où le vampire a un comportement et une apparence différente de ses congénères plus mûrs), peut distinguer chaque détail, entendre chaque bruit environnant. Dans la séquence d’ouverture, le spectateur partage sa vision limpide : la poussière qui tombe de l’aile d’un papillon, les particules incrustées dans la moquette… Une série de gros plans qui illustre parfaitement les nouvelles aptitudes de l’héroïne pour les non-initiés, procédé prolongé dans la scène de la première chasse qui lui succède directement et dans laquelle on découvre également sa vitesse de déplacement. L’effet d’accélération est toujours aussi grossier et n’a presque pas évolué depuis le tout premier épisode. Comme à son habitude, la saga romantico-fantastique ne brille pas par sa maîtrise des effets spéciaux, et ce n’est pas l’arrivée de Renesmée qui va arranger les choses. La petite fille, par sa nature hybride, grandit à une vitesse spectaculaire (au bout de quatre mois elle a l’apparence d’une enfant de quatre ans). Pour donner vie sur grand écran à cette créature atypique, l’équipe du film a opté pour une solution singulière : partant de l’actrice Mackenzie Foy qui prête ses traits à Renesmée, des doublures de tailles et d’âges différents (du nourrisson jusqu’à l’âge de 5-6 ans) ont ensuite été utilisées pour jouer les corps sur lesquels est inscruté le visage de l’actrice. Une débauche d’effets spéciaux (80% des plans ont été modifiés) qui confère au film un caractère artificiel peu propice à l’identification. L’enfant d’Edward et Bella décrit dans le livre comme étant « d’une perfection et d’une beauté stupéfiantes » ressemble dans le long métrage à un petit diablotin au visage numérique terrifiant.

 

Cette enfant à moitié vampire s’attire les foudres des Volturi, un clan de vampires italiens faisant office de tribunal pour les créatures de leur espèce. Ne sachant pas à quoi s’attendre, un procès ou une exécution sommaire, les Cullen parcourent le monde à la recherche de vampires prêts à leur venir en aide. Avec pas moins de trente nouveaux vampires présents dans le roman Révélation, la scénariste Melissa Rosenberg a choisi de mettre l’accent sur ceux qui seraient des personnages essentiels à l’histoire. Au lieu de se perdre dans des présentations interminables, elle a attribué à chaque clan un archétype très rapidement identifiable. Des vampires anglais, égyptiens, et roumains (en référence notamment à Christopher Lee ou Bela Lugosi) réunis pour une bataille finale qui offre à la saga son moment le plus épique. Un affrontement qui ne faisait d’ailleurs pas partie du livre de Stephenie Meyer, où le conflit se réglait à l’amiable. On comprend sans mal pourquoi Bill Condon, lui, en a fait le point culminant de son récit : le dernier tome ayant été découpé en deux parties, pour des raisons financières évidentes, il restait très peu de matière scénaristique. Après le mariage, la grossesse et la transformation de Bella dans la première partie, il fallait trouver un événement tout aussi marquant pour clôturer la franchise – d’autant plus qu’un peu d’action pourrait attirer plus de spectateurs masculins dans les salles.

Révélation 2ème partie fera-t-il oublier pour autant l’étiquette romance à l’eau de rose qui colle à la saga? Pas forcément, car les préceptes mormons chers à l’auteur Stephenie Meyer sont toujours bien présents : Bella n’a connu qu’un seul homme dans sa vie et n’a eu de rapport sexuel avec lui qu’après s’être mariée. Et même après être passée devant le prêtre, elle est restée très chaste. Les scènes de sexe se résument à de pieux baisers devant un feu de cheminée – une volonté des producteurs, sans doute, pour éviter une interdiction trop lourde qui pourrait pénaliser les entrées. Mais bien que son propos semble parfois archaïque, la franchise nous propose un univers fantastique à la mythologie dense où une jeune fille maladroite et assez insignifiante attire l’attention d’un être singulier et devient à son contact une femme tout à fait exceptionnelle. En dépit de ses qualités artistiques discutables, la saga Twilight aura marqué durablement toute une génération d’adolescentes et relancé le mythe du vampire aussi bien au cinéma qu’à la télévision, donnant naissance à des avatars comme True Blood ou Vampire Diaries.

Titre original : The Twilight Saga: Breaking Dawn - Part 2

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Durée : 115 mn


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