Tron : l’héritage

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Remake du film devenu culte « Tron », la nouvelle production Disney propose plus de deux heures d´immersion au sein d´un monde parallèle, d´une grille et de personnages inspirés du futur. Enfin presque.

Après plusieurs semaines de publicité, d’interviews et de communiqués sur « l’événement » Disney, le film Tron : l’héritage est en salle. Muni de lunettes 3D, même si le film comporte des scènes en deux dimensions pour marquer le changement d’un monde à l’autre, nous voici entrés dans un univers parallèle, celui d’un jeu d’arcade plus vrai que nature, où le bien affronte le mal, le blanc s’oppose au noir, la lumière illustre la libération des "gentils".


Tron : l’héritage
est le premier film de Joseph Kosinski. Sauf que dans son équipe, on retrouve le réalisateur de Tron (1982), Steven Lisberger, devenu producteur, et surtout Jeff Bridges qui, près de 30 ans après l’original, tente à nouveau l’expérience Tron. La question du temps est d’ailleurs tout sauf anodine. L’acteur affronte sa propre image tantôt rajeunie, tantôt vieillie. Ayant créé son double dans cet univers parallèle régi par une grille, Kevin Flynn, magnat du jeu vidéo, se fait piéger par son propre génie. Ce double rôle assumé par un seul acteur n’est certes pas nouveau – on pense à X-Men l’affrontement final en 2006 – mais ce duo jeune/âgé face à face à plusieurs reprises surprend, étonne et centre à nouveau le film sur une dualité bien/mal: Kevin Flynn contre Clu, le concepteur contre le conçu, le noir contre le blanc, l’agressif contre le paisible. A cette bataille entre les deux hommes au sein de la même image vient s’ajouter un intrus : le fils de Kevin Flynn, meurtri par la disparition de son père plusieurs années auparavant. Rebelle et intelligent, il s’insère dans cet univers parallèle et décide de bouleverser le monde brutal imposé par Clu.

"Je suis ton père"

Certes, le scénario de Tron : l’héritage ne brille pas par ses dialogues, ses phrases semi-philosophiques sur la relation entre père et fils, sur la perfection du monde et sur les relations de pouvoir. Mais est-ce son but ? Au-delà de cette déception, le film donne à voir une course effrénée entre Kevin Flynn, son fils, Quorra – Olivia Wilde dans ce rôle de nymphe aux courbes parfaites – et Clu, le méchant double parfait, aidé de Tron, un soldat du futur oublié dans les coins sombres de la « dictature » cluienne.

La qualité des décors, la performance de la mise en scène et des effets spéciaux provoque une plongée vertigineuse dans un monde divinement conçu. Le film de 1982 a connu un faible succès lors de sa sortie, peut-être trop en avance sur son temps. Dans Tron : l’héritage, cette génération geek et familière des outils informatiques, jeux vidéo et effets spéciaux trouve une histoire mise à jour, un mouvement commencé mais mal compris sur l’inventivité et le génie de certains. Très addictif, le monde virtuel et surtout le jeu vidéo sont montrés sous un angle d’aventure, de conquête et de réussite contre le mal.

Ca roule en 3D

La spécificité du film : jouer sur la technologie en reprenant les idées avant-gardistes du film de 1982, notamment en matière de bolides. Les motos du film, engins quasi sur-mesure qui apparaissent grâce à un simple bâton, révèlent l’inventivité des créateurs de Tron. Ce côté Batman remasterisé accompagne cette course poursuite entre le bien et le mal. En plus d’une série impressionnante d’engins futuristes, Tron : l’héritage se distingue par un jeu de lumière et de son. Les costumes aux bandes fluorescentes, la grille aux lignes bleues et rouges, les vibrations des « programmes » – autrement dit, des êtres qui peuplent la grille – ainsi que le vent, omniprésent dans les scènes d’action, donnent au film une dimension quasiment poétique, presque enivrante alors que tout se situe dans l’action et l’affrontement.

   

Les casques de moto et les tenues futuristes des Daft Punk, qui signent la bande-son, adhèrent parfaitement aux décors de Tron : l’héritage. Leur mix à une soirée « tous en blanc » – fausse impression d’être dans Matrix – colle au rythme du film, à l’histoire et renforce la tonalité rétro-futuriste des scènes. Une tension au service des images se dégage de la composition musicale proposée par les artistes à la notoriété internationale.

 

Que l’on soit fan ou non de jeux vidéo, de mondes virtuels et de nouvelles technologies, homme ou femme, geek ou old school, Tron : l’héritage tient son pari de nous emporter dans une autre dimension. Mention spéciale pour les looks très travaillés de la tête aux pieds – chaussés en Louboutin – c’est un véritable défilé hors du temps !

Titre original : Tron Legacy

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Durée : 126 mn


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