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The Sessions

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Quand parler de handicap et de sexualité devient simple, émouvant et drôle… « The Sessions » ou comment une histoire vraie est racontée avec poésie et originalité.

Depuis son lit mobile, Mark ne peut pas faire grand-chose. Une polio à 6 ans l’a paralysé. Il ne peut bouger que la tête, et à l’aide d’un stylo médical, il arrive à se déplacer, écrire, utiliser le téléphone. Le jour, il suit des cours à la fac, et progressivement, enquête pour écrire ses articles. Mais son passe-temps favori, c’est la poésie. Sa tête, précieuse et précise, remue sans arrêt pour trouver les bons mots, pour lancer quelques notes d’humour, pour regarder le monde qui lui est accessible. Un canard commande à Mark un article sur le sexe et le handicap. Aidé par une jeune étudiante d’origine asiatique, il se lance dans cette folle épopée sexuelle… Sauf que sa virginité va soulever toute une série d’interrogations, qu’il confessera soit à Dieu, soit au curé de sa paroisse, plus rock ‘n’ roll que jamais.
 
  
 

Aide au sexe vs amour

Qui ne se souvient pas de ses hontes ou de ses maladresses lors de la première fois ? Des difficultés à trouver le premier ou la première, des fausses notes sexuelles, des angoisses ? The Sessions, c’est un peu la version handicapée de cette première fois. Même si Mark à la trentaine passée, il décide de franchir le cap, explique ses peurs et ses ressentis en toute transparence. Face à lui se succède des femmes, chacune différente, mais aux intentions presque similaires. Sa première aide à domicile est une jeune brune, jolie et romantique. Elle tombe amoureuse de lui mais n’est pas pour autant prête à sacrifier sa vie de globe-trotteuse… Il fait appel à une aide soignante, Cheryl Cohen Greene, afin de l’éveiller à l’érotisme, lui provoquer une première fois. Quelle distance faut-il prendre entre sentiment et empathie ? Même si le réalisateur de The Sessions, Ben Lewin, a pour but de montrer une première fois chez une personne handicapée, les questions fusent… Le sexe est-il un droit, un devoir, même quand le corps n’est plus totalement en état de ? Est-ce un soulagement, un plaisir, une nécessité ?

C’est là toute la réussite de ce film. Bien plus que l’histoire d’un homme, Mark O’Brien (John Hawkes), force de la nature aux études brillantes et à la plume charmante, The Sessions raconte un peu de nous, un peu de notre intimité, lève les barrières. Preuve en est : le rôle de Cheryl, l’aide sexuelle, attribué à l’excellente Helen Hunt, 49 ans, plus sexy et sportive que jamais. Elle incarne une femme solide, mariée à un homme que la routine a peu à peu rendu moins amoureux. Rien que son personnage, terriblement bien construit, s’inscrit dans le registre de la performance. Souvent nue, souvent confrontée à ses propres émotions sans pouvoir les laisser rejaillir, parfois maladroite alors que son métier consiste à maîtriser dans les moindres gestes ce qu’elle fait, elle nous guide à la découverte du sexe, malgré les embûches d’un corps cassé, abîmé. Nommée aux Oscars de la meilleure actrice dans un second rôle, Helen Hunt l’aurait largement mérité.
 
 

 

Drame vs humour

Les films mettant en scène un ou plusieurs handicapés sont nombreux. On pense à ce très beau film, Le Scaphandre et le papillon (Julian Schnabel, 2007), où un journaliste devient presque totalement paralysé, n’ayant plus la mobilité que d’un seul œil. Ou plus récemment, au très bon Hasta la vista (Geoffrey Enthoven, 2012), road trip loufoque de gros adolescents handicapés et amoureux. Avec The Sessions et sa thématique imposée dès le départ, le sexe, on entre dans une sphère à mi-chemin entre compréhension, ressenti et humour. À défaut de faire marcher son corps, Mark fait marcher sa tête. Et l’idée de se confesser à un curé (William H. Macy) rend le film drôle, encore une fois capable de lever certaines barrières, ici religieuses.

Quelques clichés malgré tout

Le film est plaisant, très bien réalisé, ce même si Ben Lewin n’était à l’origine pas réalisateur mais avocat. Sa manière de suivre l’évolution physique et psychique de son personnage, Mark, la fluidité des scènes, des rencontres avec les autres personnages, la poésie et les mots bien choisis pour raconter cette histoire touchante, font de ce film un divertissement autant qu’une réflexion sur le sexe, le handicap, la perception que l’on a de l’être et de son plaisir. Mais il est vrai que cet aspect de la vie d’un homme, paralysé, pousse également à emprunter certains raccourcis. La vie quotidienne, difficile, le jeu d’acteur qui forcément romance l’histoire, la vérité. Les aides à domicile, jolies, gentilles, parfaites en résumé. Mark, qui avec son argent, peut dépenser pour vivre certaines expériences, aménage sa maison de telle manière qu’il peut supporter la vie malgré son handicap. Nul doute que la réalité, aux États-Unis, est tout autre…

Titre original : The Sessions

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Durée : 95 mn


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