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Tabac et cinéma, histoire d’un mythe

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Fumeur ou non-fumeur, cet ouvrage vous est adressé ! Une nouvelle façon de voir le cinéma sous de sensuelles volutes de fumée…

Tabac et cinéma, histoire d’un mythe
De Adrien Gombeaud
Chez Scope Éditions

En d’autres temps, sous d’autres mœurs, les cigarettes s’allumaient dans les salles de cinéma et rendaient ce lieu sombre illuminé de centaines de petits lucioles. À une époque pas si lointaine, tout le monde fumait. Même dans les films. C’était un style de vie, une façon de se voir au monde et de l’apprivoiser.  Dans son ouvrage Tabac et cinéma, Histoire d’un mythe (Scope Éditions), Adrien Gombeaud offre un voyage au pays de la fumée : une fumée magique et irréelle qui ne sent pas, qui n’imprègne pas les vêtements et les corps. Un instant de grâce qui suspend le temps, car la cigarette est une pause au pays de la précipitation.

Plus qu’un accessoire, cigarettes, pipes, et autres cigares parent ceux qui s’en servent d’une dimension mythique, aux accents d’éternité. Les comédiens se créent un profil, une allure, mais ne l’inventent pas. La cigarette, c’est comme une paire de lunettes : sans un charisme déjà présent, elle ne servira à rien. Elle amplifie un style, l’agrémente. Un charmeur le restera… un maladroit aussi ! Brunes, blondes ou rousses, les femmes fatales du cinéma se saisissent des allumettes comme le cow-boy de son revolver. La cigarette, gage de l’indépendance féminine, érotise ces femmes aux tenues vaporeuses et leur offre de la  détermination. Elles gagnent en consistance, en présence, en un mot : elles s’affirment. Le tabac apporte donc du style. Il faut cependant noter une petite exception. Chez Disney, la tabac est réservé aux crapules, aux mauvais… On se souvient de la magnifique performance de Glenn Close en Cruela dans Les 101 dalmatiens (Stephen Herek, 1997), fumant sur les chiots avec une cruelle sensualité. La fumée comme affirmation de son autorité, la fumée comme élément esthétique…
 
 
 
   

La fumée, au temps du noir et blanc, était prémice du fondu-enchaîné. Puis la couleur fût. L’esthétique des films s’en trouve par là-même modifiée, mais l’essentiel demeure. Le tabac est toujours synonyme d’attente, et les personnages qui fument ont souvent une profession qui nécessite une certaine patience : des flics, des détectives privés, des photographes mais aussi des prostituées. La cigarette offre aux êtres une possibilité de confession, un moment intime qui permet de dire les plus grands secrets, les peurs les plus profondes. Un isolement salvateur dont découle une nouvelle forme de libération. Car la fumée, rebelle et indomptable, est non seulement signe de liberté, mais aussi de retour sur soi. Comme l’âme ou les esprits, elle est tout et rien, presque invisible, intouchable, sans consistance, et pourtant bien présente.

   

Et puis il y a cette dernière cigarette. À elle seule, elle est toutes les précédentes. Elle résume une vie en ralentissant le temps. Le cinéma fait ce cadeau magique : jeunesse et vie pour toujours, pour tous. Il y a des images que le tabac rend donc éternel : James Dean dans La fureur de vivre (Nicholas Ray, 1956), Audrey Hepburn dans Diamants sur canapé (Blake Edwars, 1962), Alfred Hitchcock plissant les yeux devant les volutes de son cigare… les exemples sont infinis. Cet ouvrage a la grande qualité de mettre les mots en images. Une multitude de photos illustrent les propos de l’auteur, permettant un véritable voyage au pays du cinéma. Un livre magique qui permet de voir le cinéma sous un angle nouveau, un peu brumeux mais tellement aérien!


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