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Super Size Me

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Super Size Me, documentaire choc sur Mcdonald´s, fit grand bruit à sa sortie. Petite explication du titre : le Super Size est en fait un menu spécial servi dans les Mcdonald´s, très prisé aux USA ; il s´agit de tout > : un litre de coca, une portion géante de frites et un BigMac comme […]

Super Size Me, documentaire choc sur Mcdonald´s, fit grand bruit à sa sortie. Petite explication du titre : le Super Size est en fait un menu spécial servi dans les Mcdonald´s, très prisé aux USA ; il s´agit de tout << en grand >> : un litre de coca, une portion géante de frites et un BigMac comme on ose à peine en imaginer.

Si Morgan Spurlock a choisi de parler de ce sujet dans son documentaire, c´est soi-disant pour convier les gens à réagir aux dangers de la malbouffe : aux USA, l´obésité est la deuxième plus grande cause de mort naturelle après le tabac ; chaque jour, un Américain sur quatre visite un fast-food ; les frites, qui constituent l’accompagnement principal des repas servis dans les fast-food, sont le plat de légumes le plus consommé aux Etats-Unis, et les Américains consomment plus d’un million d’animaux par heure, principalement sous formes de steaks hachés ou d’escalopes de volailles (il faudrait en outre faire plus de sept heures de marches pour brûler les calories contenues dans un menu Super Size) ; deux adultes sur trois et 9 millions d´enfants sont atteints d´obésité, ce qui peut entraîner divers problèmes de santé, de l´hypertension au diabète, du cholestérol aux risques d´attaques cardiaques, de fatigabilité aux problèmes d´érection…
Alors forcément, vu comme ça, les fast-food n´ont rien de vraiment attirant. Et pour appuyer encore plus son point de vue, Spurlock se proclame lui-même cobaye et se fixe un règlement quasi-absurde : pendant 30 jours, il devait manger exclusivement dans les restaurants de la firme, et ne consommer que des produits qui y sont vendus, y compris l’eau. Il s’est en outre astreint à systématiquement commander l’option Super Size, lorsque le serveur la lui proposait. Il s’imposait de goûter à tous les produits présents dans le menu, au moins une fois. Enfin, effectuer trois repas par jour : petit déjeuner, déjeuner et dîner. Pour faire tout cela, il était suivi d´une équipe de médecins, de diététiciens et de sa femme.

En voyant le film, on ne peut s´empêcher de faire des liens ave Bowling for Columbine et Michael Moore : les deux documentaires s´attaquent à des problèmes très graves, surtout aux USA, mais beaucoup moins importants en Europe par exemple ; la mise en scène usant et parfois abusant de divers effets (animations, splits-screens…) donne un aspect << d´jeuns >> afin d´attirer un maximum d´ado à voir le film avec plaisir ; enfin, Moore et Spurlock, dans leur manière d´aborder les choses (vision très subjective et questions importantes auxquelles peu de gens savent répondre), sont également très semblables.
Pourtant, malgré la véracité et la frayeur que le film peut créer, on se sent moins concerné, peut-être à tort, par ce problème de mauvaise nutrition ; il faut dire que la population européenne est moins friande de fast-food, en tout cas moins que les Américains. C´est là le hic du film, comme le fut celui de Bowling for Columbine et surtout Fahrenheit 9/11.
Ce qui peut déranger aussi, c´est la quête absolue d´authenticité de Spurlock, qui plonge de temps en temps son film vers des images plutôt limites : était-ce nécessaire de filmer le documentariste en train de vomir ? De même l´opération du mec aux 8 litres de soda par jour était-elle obligée d´être aussi poussée et longue dans le traitement ?

Malgré ces quelques défauts, qui peut-être empêcheront plus d´un de regarder le film jusqu´au bout, Super Size Me reste un des très bons docu de cette décennie, soulevant le danger des grosses boîtes du style Macdonald´s ou Pepsi qui non seulement mettent la main sur le marché de la nourriture mais aussi sur les écoles, notamment dans l´enseignement (en 2003, le magazine télévisé américain « 90 minutes » s’est intéressé aux liens existant entre éducation et nutrition aux Etats-Unis ; ainsi, dans un lycée américain, un distributeur de la marque Pepsi y déverse des calories en canette. Pour 80 000 dollars par an, le géant de la boisson a obtenu du proviseur le droit d’installer en exclusivité ses distributeurs dans l’établissement. Dans une autre école, les élèves apprennent à lire en déchiffrant les logos MacDonald’s et Pepsi sur des programmes informatiques subventionnés par ces mêmes poids lourds de l’alimentaire).

A noter qu´à la suite du succès à Sundance du film, Macdonald´s a arrêté de vendre le Super Size au menu ; les responsables nieront le rapport avec le film… Inversement, suite au procès qu´intentèrent deux adolescentes envers Macdonald´s (et qui ouvre le film), une loi surnommée << Cheeseburger >> fut votée au Sénat, stipulant qu´il était interdit dorénavant d´attaquer en justice des fast-food pour cause d´obésité.

Titre original : Super Size Me

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Durée : 100 mn


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