Les Trois Brigands

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Une belle surprise et un petit bijou de générosité. En cette fin d’année, Les Trois Brigands surclasse de loin toutes les erzats des films pour enfants. A voir absolument !

Papoum papoum font les trois brigands en marchant. Papoum papoum font-ils en donnant la frousse à ceux qu’ils détroussent. Papoum papoum chantent-ils en ramenant leur butin à la main. Papoum papoum…« crotte de bique », c’est finalement une petite Tiffany qui les panique.

Le récit des Trois Brigands vient d’un conte pensé et écrit par Tomi Ungerer en 1961. Comme tout bon conte, Les Trois Brigands commence par cette formule magique : il était une fois…

Voici donc le début d’une histoire qui enchantera à coup sûr les petits mais ne manquera pas non plus d’emmener les plus grands dans son univers pas comme les autres.
« Il était une fois trois redoutables brigands vêtus de grands manteaux noirs et de hauts chapeaux noirs. La nuit, quand tout était sombre, ils se mettaient à l’affût au bord de la route. Le premier avait un tromblon. Le deuxième avait un soufflet qui crachait du poivre. Le troisième avait une énorme hache rouge ».

Les Trois brigands semble donc bien loin des contes classiques. Pas de princesse ni de prince en vue, pas non plus de mariage somptueux ou de château magique grandiose, juste une petite orpheline ne jurant que par « crotte de bique ». Elle retrouvera le goût de la vie et le sens de la famille grâce à ces trois brigands bougons en apparence, mais dont le cœur est d’or sous leurs grands manteaux noirs.

Tiffany vient tout juste de perdre ses parents. Elle doit alors se rendre à l’orphelinat dirigé par la vieille tante grognon. Mais en chemin, elle fait une drôle de rencontre. Nos trois chers brigands, Grigou, Rappiat et Filou, se retrouvent alors, par un stratagème de la petite, transformés en pères de substitution. Tiffany réussit à échapper à l’horrible orphelinat où la vieille tante grognon s’amuse à réduire en esclavage les bambins qu’elle recueille.

Bien que le texte date de 1961, il nous frappe par ses aspects très contemporains. A travers le récit, l’auteur revient sur le thème de la famille et de place de l’enfant dans la société d’aujourd’hui. Les trois brigands devenus pères seront-ils à la hauteur ? La petite Tiffany trouvera-t-elle au cœur de cette nouvelle famille toute l’attention et l’amour dont elle a besoin ?

Ce film d’animation est aussi superbe de drôlerie. Quel bonheur de voir ces trois brigands patauds et grincheux devenir de véritables papas poules ! Ce film nous permet à la fois de découvrir l’univers très riche et cocasse de Tomi Ungerer. Son monde est une véritable bulle à part où des robinets sont accrochés aux arbres, des ampoules s’allument en pleine forêt, un gendarme verbalise deux lapins pour atteintes aux bonnes mœurs et des escargots pour excès de vitesse et où la caverne des brigands se transforme en un kaléidoscope aux couleurs changeantes… Aucun détail n’est laissé au hasard et chacun d’entre eux est la preuve d’une grande inventivité. Les chansons qui accompagnent ce joli conte, notamment celle des brigands, rythment admirablement le film sans pour autant le teinter de la mièvrerie que l’on retrouve parfois dans certains autres dessins animés.

Rappelant parfois les films d’animation de Jacques-Rémy Girerd (La prophétie des grenouilles) et Sylvain Chomet (La vieille dame et les pigeons, Les Triplettes de Belleville), Les Trois brigands nous séduit par sa beauté et sa poésie mais surtout par son originalité. Bordibordabouze, ça fait vraiment plaisir de voir un film pareil !

Titre original : Die Drei Räuber

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Durée : 79 mn


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