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Les Dents de la nuit

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Trois amis inséparables, des vampires à la fois laids et drôles, un casting formidable, des décors impressionnants… Voici « Les dents de la nuit », un film de Vincent Lobelle et Stephen Cafiero, qui signent ici leur premier long-métrage, après avoir réalisé de nombreux spots publicitaires.

Dracula, es-tu là ?

Après les requins des Dents de la Mer, voici les vampires des Dents de la Nuit !
Trois amis : Sam, Prune et Alice sont férus de soirées. Pour eux, chaque nuit est synonyme de fêtes et non de repos. Mais, le jour où ils décrochent les précieuses invitations pour la Nuit Médicis, ils sont au comble du bonheur !… Bonheur de courte durée pourtant, puisqu’ils découvrent que leurs hôtes sont des vampires assoiffés de sang, et que tous trois serviront de buffet.
Si l’accès à ce château maléfique s’est avéré difficile, en sortir va se révéler impossible.

Tout débute merveilleusement bien. Le casting est varié et très talentueux. Depuis la jeune génération (Frédérique Bel, Julie Fournier), à une « plus ancienne » (Stéphane Freiss, Antoine Duléry), chacun se divertit dans cette farce complètement déjantée.
Frédérique Bel (connue pour sa Minute Blonde) est formidable dans son rôle d’Alice, professeur de fitness blonde. Chaque réplique fait sourire ou éclater de rire le spectateur.
Prune (Julie Fournier) est étonnante dans son rôle de pseudo-cadre née pour faire la fête et moins pour assister aux réunions importantes. Pétillante, drôle, elle forme avec Patrick Mille, un sublime duo. Elle se démarque en imposant son style original : nouvelle génération en marche !
Stéphane Freiss, mi loup-garou mi-humain, est le séducteur. La drague à tout prix pour n’importe fille. Mémorable rôle, bien que trop bref pour les inconditionnels de Freiss !
Julien Boisselier également, playboy invétéré, drague sans cesse Alice, surtout pour lui « sucer le sang »
Antoine Duléry est Lefranc, politicien manipulé par ces assoiffés de globules rouges et blancs. Beaucoup d’autodérision dans une interprétation drôle et surprenante !
Ce casting magique est porté par un Patrick Mille totalement irrésistible dans son rôle de Sam, clubbeur avant tout. Après 99F, La jungle, ou bien encore People, il est de plus en plus à l’aise dans le registre comique. La palme revient sans conteste à Sam Karmann, qui n’a jamais été aussi drôle depuis son rôle d’Emile-serial-killer dans le cultissime La Cité de la peur, aux côtés des Nuls. Il se retrouve ici dans la peau d’un dentiste dont la réputation n’est plus à faire chez ces hôtes vraiment originaux.
Reste l’agréable  impression d’avoir fait une ballade dans un remake croisé entre la Cité de la Peur des Nuls, et la saga Scary Movie.
Ce long métrage n’est donc pas avide en comédie. Les répliques vont devenir cultes, notamment Hélène de Fougerolles et son « prends-moi comme un bourricot », ou encore, adressée à une vampire qui sort des toilettes, laissant un cadavre derrière elle, « c’est le cinquième que je suce ce soir ».

La mise en scène est redoutable durant la totalité de la projection des Dents de la nuit : véritablement efficace, secondée par des effets spéciaux à couper le souffle. La transformation de Tchéky Karyo en vampire est plus que réaliste et risque même de faire frissonner certains spectateurs.
Sans atteindre le niveau de La cité de la peur, les réalisateurs tentent de s’en rapprocher.

A noter qu’il est souhaitable, voire quasi impératif, de demeurer assis jusqu’au terme du générique du film : une partie hilarante et presque cultissime. La bande originale, quant à elle, est particulièrement soignée et impressionnante : elle est signée par Gast Walting.

Les dents de la nuit reste donc une vraie curiosité, une réelle découverte, une ouverture sur un genre tout à fait nouveau, demeurant hélas, encore beaucoup trop rare en France.
Alors, prêts pour découvrir ces vampires…sacrément géniaux ? Avis aux amateurs …vous ne serez pas déçu !!!

Titre original : Les Dents de la nuit

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Acteurs : , , , , , ,

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Genre :

Durée : 85 mn


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