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Entre adultes

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Entre Adultes est d´abord un exercice : une formation aux techniques du jeu de cinéma pour comédiens de théâtre non-initiés au << septième art >>. De cette courte formation qui lui a été commandée, Stéphane Brizé décide d´en faire une expérience singulière : monter avec ces comédiens, en l´espace de deux semaines, la production improbable d´un long-métrage. Claude Lelouch le voit un an plus tard, par hasard ou presque, et décide de kinescoper cet exercice tourné en DV. Voilà pour la belle histoire.

Le film en tant que tel est une succession de tableaux peignant des situations réalistes de couples, dispositif dont l´originalité tient dans le fait que d´un tableau à l´autre on conserve l´un des deux protagonistes. La Ronde d´Ophuls fonctionnait plus ou moins sur le même principe. Le tout forme ainsi une boucle : le premier personnage féminin est rejoint à la fin par le dernier personnage masculin. Une musique intimiste sert les transitions écrites (où apparaissent les noms des personnages) et confère au film son rythme, son doux cheminement.

Mais où, justement, nous mène cette démarche purement expérimentale ? Où est le projet cinématographique ? La mise en scène est au service des comédiens, mais le dispositif a finalement peu de force, la mise en scène est trop absente peut-être pour ne pas se faire remarquer : des champs contre champs n´ont de cesse de se disputer le montage, laissant certes le temps aux comédiens de se dévoiler, mais constituant finalement peu de matière.

Cette simplicité intentionnelle veut donc servir au mieux les situations et leurs personnages. Or celles-là sont assez anecdotiques, correspondent à des lieux communs, des narrations amoureuses, des possibles, des histoires d´amour et des sentiments. Les personnages eux vivent des situations sans amour, où l´amour et le désir se contredisent, absents mais toujours là, joués, trompés ou perdus. Il n´y a pas d´événement à proprement parler dans Entre Adultes, juste des situations un peu stéréotypées dont le film ne cherche pas à approfondir la complexité. C´est peut-être cette volonté latente de nous dire, si brièvement, ce que sont la vie, l´amour et la mort du désir, qui en est le principal défaut narratif : on ne croit pas toujours à ces courtes histoires ni même à ce dispositif faussement original.

Le film demeure toutefois plaisant pour ses personnages : de véritables acteurs naissent ici au cinéma. On pense particulièrement au couple Dominique Coquelin – Edith Mèrieu, mais tous quelque part ont et cette expérience du jeu et en même temps une sorte de candeur du fait de se retrouver ensemble dans un projet de cinéma, pour la première fois. La s´opère une rencontre, rendue possible par la réalisation, qui confère à l´exercice originel une innocence des intentions suffisante à cautionner sa sortie en salle.

Réalisation empathique donc, transmettant en définitive une impression de fraîcheur humaine nous faisant souvent oublier sa quasi-absence de traitement cinématographique.

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