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Chroniques de Cannes 2021 : Jours 1 & 2

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Plongée au coeur du Festival de Cannes 2021.

Mardi 6 juillet 2021

On pensait qu’on ne reverrait plus le Festival de Cannes à cause de la fameuse pandémie. Et puis, non, le revoilà mais décalé, en plein mois de juillet sur la Côte d’Azur. L’histoire nous dira si c’était une si bonne idée et si les festivaliers n’auront pas préféré la plage et le farniente ! D’aucuns toutefois peuvent s’inquiéter fort opportunément des mesures sanitaires, des inénarrables gestes barrière et de ces muselières à porter partout sans compter les tests PCR. Les masques vont-ils s’imposer dans les montées des marches rouges ? Cannes deviendra-t-il le nouveau cluster à la mode ? En attendant, bien au froid en Normandie, je prépare ma valise et j’arrive… mais je vais commenter déjà la soirée d’ouverture. Personne n’ignore qu’elle sera dominée par Leos Carax, Adam Driver et Marion Cotillard. C’est ce soir à 19 heures dans le palais des Festivals que toutes ces stars graviront les marches comme si de rien n’était. Même si le fantôme de la covid va nous priver un peu de faste, les critiques rongent leur frein et sortent leur stylo trempé parfois dans l’acide. La projection n’a pas encore eu lieu que, déjà, Eric Neuhoff du Figaro le démonte complètement avec un article gentiment intitulé : « Annette de Leos Carax: tranche de vide ». « Les superlatifs pleuvaient déjà, écrit-il un peu plus bas. Carax se lançait dans la comédie musicale. Il tournait pour la première fois en anglais. La voix de ses admirateurs s’étranglait de trémolos. Touchante dévotion. Il existe un culte Carax et on ne sait pas exactement pourquoi. » Quant au Monde, il préfère ne parler que de l’acteur principal, Adam Driver, « cet ovni à Hollywood ». Pour Libération, toujours extatique, « A Cannes, on se lève tous pour Annette ». Alors, faites vos jeux, rien ne va plus.

Mais si tout ça vous barbe et si le glamour vous rebute, vous pouvez déjà un peu avant vous ruer avec votre badge à 15 heures, en salle Debussy pour voir The Story of a film : A new génération de Marc Cousins. Mais là, à vos risques et périls, on ne sait même pas de quoi il s’agit. Pour un peu, vous aurez le courage de faire les deux.

 

Onoda

 

Mercredi 7 juillet 2021

Pour ceux qui débarquent aujourd’hui ou qui n’auraient pas pu entrer la veille, séance de rattrapage à 9h30 on repasse Annette toujours dans la grand-salle Louis Lumière. Avalez une pizza au soleil, et vous serez prêts pour découvrir au même endroit le nouveau film de Nadav Lapid, Ha’berech. On avait adoré son Synonymes en 2019 et on se réjouit que son nouveau long métrage soit en compétition officielle et on en attend beaucoup. Pourquoi ne pas rester dans le coin pour regarder ensuite le nouveau François Ozon qu’on attend presque chaque année, preuve que le cinéma français est bien représenté à Cannes cette année. En effet, Tout s’est bien passé est projeté à 19 heures dans la même grande salle Louis Lumière. Avouez qu’on vous simplifie bien la vie. Pensez aux noeuds pap’ et aux tenues de soirée échancrées de préférence et oubliez la covid. Et toujours dans la coin, à 22h15, si vous n’êtes pas épuisés, dans la même salle, The Velvet Underground de Todd Haynes. Un film sur la musique, quoi de mieux pour bien dormir après. Le groupe The Velvet Underground a créé un nouveau son qui a révolutionné le monde de la musique, devenant ainsi un des groupes de rock les plus vénérés au monde. Entretemps, vous aurez pu picorer par ci, par là ou vous avez le droit de préférer, à la même heure, le premier film de Charlotte Gainsbourg sur sa maman Jane, Jane par Charlotte, en salle Debussy à 22h30. Il faut dire qu’on avait de quoi faire aujourd’hui entre Onoda d’Arthur Harari, dans la section Un certain regard, un film de trois heures qui raconte un pan de l’histoire du Japon. Fin 1944. Le Japon est en train de perdre la guerre. Sur ordre du mystérieux Major Taniguchi, le jeune Hiroo Onoda est envoyé sur une île des Philippines juste avant le débarquement américain. La poignée de soldats qu’il entraîne dans la jungle découvre bientôt la doctrine inconnue qui va les lier à cet homme : la Guerre Secrète.

Coup de coeur enfin pour Machbarot Shchorot de Ronit Elkabetz. Dans un taxi parisien, un homme apprend, par un voyant marocain, que sa soeur est sur le point de mourir. Pour tenter de déjouer la prédiction, le frère entreprend alors un voyage fictif entre le Maroc, Israël et Paris.

De quoi aller dormir tranquilles en attendant le combat qui vous attend le lendemain.


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