Select Page

Chroniques de Cannes 2021 : Jour 4

Article écrit par

Plongée au coeur du Festival de Cannes 2021.

On vous avait promis de parler de la sélection de l’Acid qui, cette année, propose un choix rafraichissant selon Thibault Lucia des Inrockuptibles. Municipale de Thomas Paulot, l’est-il vraiment, rafraîchissant ? En tout cas, le sujet qu’il traite est tout sauf divertissant. Le réalisateur a engagé non pas un tueur, mais un comédien pour jouer le rôle d’un candidat aux municipales de Revin dans les Ardennes touchée par une terrible crise économique. La fiction politique qu’ils mettent en place fait long feu, mais elle dévoile cruellement les dysfonctionnements, les alliances et les trahisons politiques même à l’échelon d’une municipale, dans une sorte de comédie humaine désespérante. On ne peut que s’interroger alors sur les duels cruels et meurtriers d’élections plus importantes comme la présidentielle par exemple  !

Vénus sur la rive est un film chinois de Lin Wang, magistralement filmé souvent dans des plans fixes qui mettent en scène les femmes d’une famille dans leur enfermement et leur grande liberté, à travers les yeux d’une petite fille, Chichi qui observe tout. En effet, dans une ville du sud de la Chine, durant les années 90, Chichi, une fillette de 9 ans, part vivre avec sa grand-mère, sa tante et sa cousine pendant que sa mère est hospitalisée.

Côté compétition officielle, il ne sera pas possible d’entrer dans la salle Luis Bunuel pour le rendez-vous avec Matt Damon à 15 heures, au risque de se faire écraser les pieds. Alors on retraverse tout le Palais avec son masque, son gel et son espoir pour trouver à entrer à 16h pour le film hors compétition Where is Anne Frank, film d’animation d’Ari Folman. Le réalisateur imagine que Kitty, l’amie imaginaire d’Anne Frank à qui était dédié le célèbre journal, a mystérieusement pris vie de nos jours dans la maison où s’était réfugiée Anne et sa famille, à Amsterdam, devenue depuis un lieu emblématique recevant des visiteurs du monde entier. Emouvant et artistique. On n’a pas pu entrer du coup à Benedetta de Paul Verhoeven à 18h30 mais on y reviendra demain après la séance de rattrapage du samedi matin. Le cinéma de minuit pour finir la journée avec Oranges sanguines, film hors compétition de Jean-Christophe Meurisse. C’est ce genre de film qui fait les belles surprises de Cannes, et qui aurait pu tout aussi s’appeler Oranges givrées, tant le film est décalé. Jugez-en : Au même moment en France, un couple de retraités surendettés tente de remporter un concours de rock, un ministre est soupçonné de fraude fiscale, une jeune adolescente rencontre un détraqué sexuel. Une longue nuit va commencer. Les chiens sont lâchés.

Et du côté de la Quinzaine des Réalisateurs qui a commencé aussi le 7 juillet et qu’on avait un peu délaissé, faute de ne pouvoir être partout en même temps, on conseille le film de 8h30 de Jonas Carpignano, un habitué de la Croisette, A Chiara, qui raconte l’histoire de Chiara, 16 ans, qui vit dans une petite ville de Calabre, entourée de toute sa famille.  Pour les 18 ans de sa sœur, une grande fête est organisée qui réunit tout le clan. Le lendemain, Claudio, son père, part sans laisser de traces. Elle décide alors de mener l’enquête pour le retrouver… Jonas Carpignano a grandi entre Rome et New York. Après deux premiers courts métrages primés notamment à la 68e Mostra de Venise et à la Semaine de la Critique (2014), il réalise son premier long métrage Mediterranea, sélectionné à la Semaine de la Critique (2015). Son deuxième long métrage, A Ciambra, fait sa première mondiale à la Quinzaine des Réalisateurs 2017. A Chiara, ce troisième long métrage, vient clore la trilogie autour de la ville calabraise de Gioia Tauro, où sont tournés ces trois films. A 18h30, on aurait pu voir le premier long métrage de Vincent Maël Cardona diplômé de la Fémis cuvée 2000, Les magnétiques, mais on vous en dira un peu plus dans la semaine si on arrive à le voir. A Cannes, le soir, on n’a même pas le temps de boire un mojito sous les étoiles. Quelle vie, la vie de critique de cinéma ! A demain même si c’est le début d’un long week-end.


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

L’Homme des hautes plaines

L’Homme des hautes plaines

Après le plus que convaincant galop d’essai Un Frisson dans la nuit (1971), Clint Eastwood signait son premier chef d’œuvre avec ce pur diamant noir que constitue L’Homme des Hautes Plaines. Tout au long de sa carrière, Eastwood aura revendiqué comme influence...