Select Page

Une leçon d’amour (En lektion i karlek)

Article écrit par

D’abord ce plan. Vue large sur un port. Le jour se lève, un couple se dispute. David et Marianne. Des cris mais point de chuchotements. La séquence est belle, instantanée et interminable. Bergman, l’auteur de cet affrontement verbal, choisit de filmer ses personnages aussi loin que la caméra lui permet, refusant ostensiblement de les épier. […]

D’abord ce plan. Vue large sur un port. Le jour se lève, un couple se dispute. David et Marianne. Des cris mais point de chuchotements. La séquence est belle, instantanée et interminable. Bergman, l’auteur de cet affrontement verbal, choisit de filmer ses personnages aussi loin que la caméra lui permet, refusant ostensiblement de les épier. La vie n’est pas forcément un long fleuve tranquille mais cette engueulade reste captivante car toute la thématique du film est concentrée dans ces quelques minutes magiques où le temps semble s’arrêter, féru d’observer cette scène de la vie conjugale.

Une leçon d’amour est une œuvre mineure dans la filmographie du suédois. Réalisé entre la magnifique Nuit des forains et le discret Rêves de femmes, cette comédie légère et sympathique permet à Bergman de réfléchir sur les crises conjugales passagères.

Démarrant sur les chapeaux de roues (on se croirait chez Lubitsch), Une leçon d’amour entraîne progressivement le spectateur vers une histoire de reconquête amoureuse. Les intentions de David sont mystérieuses tant Bergman se délecte à nous le montrer comme étant un homme lâche, fragile et perturbé. La vérité est ailleurs, dans cette flamboyante juxtaposition de scènes intimes (les échanges entre David et Marianne sous un ciel printanier) et de burlesque assumé (le premier mariage chaotique de Marianne), laissant au cinéaste le temps de reprendre son souffle et de mieux façonner son suspense.

Un sentiment gentillet se dégage de cette comptine sucrée. Une leçon d’amour nous enveloppe d’un je-ne-sais-quoi qui amuse nos sens, nous ravit parfois et surtout nous donne l’envie d’aller épier d’autres œuvres de ce suédois folâtre !

Lire aussi

La Famille

La Famille

Dans « La Famille », Ettore Scola déroule sur huit décennies le présent et le futur à la dérive d’une dynastie familiale de la bourgeoise patricienne de Rome. Un fleuve au long cours ininterrompu de mornes existences, seulement agité par les vagues successives de la nostalgie. En version restaurée.

La Maison de la mort

La Maison de la mort

« The Old Dark House » est un film d’épouvante qui démythifie avec bonheur les codes d’ordinaire attachés à une veine réputée intarissable . Cette comédie des manières teintée d’un humour noir « so british » vient pimenter un canevas de « maison hantée » qui grince de toutes parts. Subversivement détonnant dans le panthéon des classiques du genre. En version restaurée 4K.

Scary Stories

Scary Stories

Un film d’horreur plus profond qu’il n’y paraît sous ses oripeaux convenus. Un supplément d’âme qui doit beaucoup à Guillermo Del Toro, producteur et co-scénariste du film.