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Ultranova

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Ultranova, ou le premier long métrage réalisé par l´ineffable Bouli Lanners. Déjà auteur de deux courts métrages laissant apparaître un style et un univers bien particulier (Travellinckx notamment, bijou d´humour noir typiquement à la belge), Bouli Lanners restait tout de même plus connu en tant qu´éternel second rôle, des Convoyeurs attendent à Un long dimanche […]

Ultranova, ou le premier long métrage réalisé par l´ineffable Bouli Lanners. Déjà auteur de deux courts métrages laissant apparaître un style et un univers bien particulier (Travellinckx notamment, bijou d´humour noir typiquement à la belge), Bouli Lanners restait tout de même plus connu en tant qu´éternel second rôle, des Convoyeurs attendent à Un long dimanche de fiançailles en passant par Bunker Paradise, Aaltra ou Enfermé dehors d´Albert Dupontel. Ex-membre des Snuls, éternel farceur à l´humour aiguisé, on attendait impatiemment qu´il passe à la réalisation d´un long métrage, espéré comme une nouvelle comédie cinglante auxquelles il nous avait habitué. Eh bien non !

Ultranova, ça n´a rien d´une comédie, même noire ; ça n´a rien non plus d´un drame intimiste, vu qu´un petit peu de légèreté est donnée grâce à des situation cocasses mais rares. En réalité, Ultranova tient plus de l´OVNI cinématographique, du film inclassable qui ne laisse pas indifférent. Bouli Lanners filme la Wallonie comme personne. A la différence près qu´on est bien loin du paysage de la carte postale. Non ici, il s´agit plutôt d´offrir un décor dépouillé à des destins qui le sont tout autant.

Car c´est aussi ça Ultranova, une galerie de personnages sans buts dans la vie, n´ayant aucun trait qui ferait d´eux des << héros >>. Des gens normaux, avec toute la mélancolie que peuvent contenir leurs vies, et la banalité du quotidien. Lanners ne sombre jamais dans le tragique, justement dans l´humainement dramatique : les personnages essayent de donner un sens à leurs vies par des mensonges, des rêves…

D´un point de vue mise en scène, Lanners dirige ses acteurs d´une main de fer, et sans faire de l´esbroufe et jouer avec sa caméra à en rendre made un concepteur de clip. Grâce à un rythme volontairement lent, très lent, Lanners crée un monde à part, unique, pénétrant le spectateur au plus profond de son âme et de ses tripes, que ce soit pour le mettre mal à l´aise face à une réalité sociale décevante ou pour simplement toucher son coeur.
Du côté interprétations, il n´y a absolument rien à redire, de Vincent Lecuyer (sublime, tout en silence et faisant passer les émotions par un simple regard mélancolique) à Hélène de Reymaeker en passant par Vincent Belorgey, chaque interprète confère à son personnage une dimension tragico-émotive, laissant souvent les silences dominés la scène.

Petite explication du titre par monsieur Lanners lui-même : « Au fond, mes personnages s’emmerdent tous profondément. Ils aspirent à vivre autre chose. Pourtant ils ne s’en donnent pas les moyens. Comme nous, ils sont tous fragiles, ils sont traversés de questions, ils ont tous besoin de tendresse. Mais plutôt que de l’avouer, ils se laissent lentement glisser. Ils ne se rendent pas compte que doucement ils s’endorment. Mes héros sont comme des petites étoiles dont on ne percevrait la chaleur que lors de leur implosion, comme les « supernovas » qui brillent une dernière fois avant de mourir définitivement. Moi, j’espère qu’ils ne mourront pas définitivement. J’espère qu’ils iront au-delà de ça. Pour moi, ce sont des « ultranovas ». »

Un film comme on n´en voit que trop rarement, quasi expérimental, sorte d´OVNI qui plaît ou ennuie mais qui assurément ne laisse pas indifférent.

Titre original : Ultranova

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Genre :

Durée : 85 mn


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