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Tout en haut du monde

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Une jeune fille élégante de la bonne société russe part à la recherche de son grand-père, prisonnier avec son bateau des terres du Grand Nord, dans ce joli film d’animation.

Les films d’animation poétiques sont trop rares. Il est donc nécessaire de souligner et d’appuyer la sortie de ce premier film de Rémi Chayé, même s’il n’en est pas à son coup d’essai. En effet, storyboarder pour Kérity, la maison des contes (2009) de Dominique Monféry ou pour Pourquoi j’ai pas mangé mon père (2015) de Jamel Debbouze, Rémi Chayé est, en outre, lauréat 2013 de la Fondation Gan pour le Cinéma. Illustré par de belles planches aux couleurs pastel, son film raconte l’histoire de Sacha, une jeune fille de l’aristocratie russe de Saint-Pétersbourg qui, en 1882, part vers le Grand Nord sur la piste de son grand-père Oloukine pour le retrouver ainsi que son fameux navire, le Davaï, enserré par les glaces.

Servi par une bande son de haute qualité, supervisée par Viviane Ludwig, on pourra reconnaître au passage les voix de Christa Théret, Feodor Atkine, Rémi Caillebot et Audrey Sablé. La narration permet également aux enfants de mieux connaître le Pôle Nord et d’envisager avec ces voyageurs bloqués dans les glaces l’aventure maritime qui a permis ensuite des avancées technologiques importantes. Pour concevoir cette belle histoire qui continuera à faire rêver les enfants explorateurs en herbe, Rémi Chayé est parti d’une discussion avec Claire Paoletti, intervenante sur un scénario et qui lui a confié cette idée d’une jeune fille de l’aristocratie russe perdue sur la banquise à la recherche de son grand-père. « J’avais lu quelque temps avant, raconte le réalisateur dans le dossier de presse, le journal de bord d’Ernest Shakleton et quelques autres livres sur une épopée extraordinaire. Shakleton avait monté une expédition pour traverser l’Antarctique de part en part. Mais le navire s’est fait emprisonner dans les glaces par un hiver précoce. Ils ont survécu 22 mois dans des conditions extrêmes. Une histoire humaine incroyable. »



Il y avait bien là en effet matière à un film, mais l’idée d’un film d’animation sans grands effets spéciaux est une bien belle gageure, réussie semble-t-il entre dessin et 3D pour certains objets comme le train, les traineaux et bien sûr le bateau. « Ce qui m’intéresse, c’est l’émotion, continue Rémi Chayé. Je veux que les animateurs passent du temps sur les émotions des personnages. Je ne souhaite pas qu’ils passent du temps à tracer des détails ou des poulies. C’est pour ça que le style graphique est si simple. Pas de boutons, pas de lacets, pas de plis aux vêtements. » Et c’est formidablement réaliste, tout en apportant une vision poétique de l’aventure et des relations entre les humains. Dommage en fait que les hasards de la programmation n’aient pas prévu une sortie au moment de Noël, voilà un film qui aurait bien captivé les enfants et tenté de faire un peu d’ombre à Dark Vador !

Titre original : Tout en haut du monde

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Durée : 80 mn


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