Tenacious D in : The Pick of Destiny

Article écrit par

Une oeuvre rock qui calme les brutes et dynamite les néophytes à coups de batterie et de riffs ensanglantés.

Editeur DVD : Métropolitain

Comment font-ils ? Interrogation délicate mais ô combien importante tant l’esthétisme, la virtuosité et le bon sens sont de rigueur. Oui, comment font-ils pour nous entraîner quelque part dans un rêve inhabité, dans un tourbillon de vie assez palpitante, dans ce petit je-ne-sais-quoi qui frémit inlassablement? Merci Hendrix, Parsons, Reed, Coleman et tout le reste. Compliment balancé par deux pauvres ermites du rock, deux gars totalement enflammés, deux illuminés du son : Jack Black et Kyle Gass.
 
Tenacious D in : The Pick of Destiny est une comédie assez réussie sur deux zigotos qui n’ont qu’un seul objectif : décrocher le truc qui pourra leur donner les clés de la réussite. Ce feeling qui donna au Rock quelques titres cultes, ce « I Got feelin », ce « Won’t get fooled again », ce « Vicious », qui transpirent nos chemises, qui font valser le néophyte comme l’hurluberlu du samedi soir. Comment dénicher le mojo ultime ? Tout simplement en puisant dans l’imaginaire, dans le sens atypique du burlesque, dans les codes géniales du fourre-tout visuel. Le résultat est hilarant.

Avant le cinéma, il y eut la musique. Tenacious D est un vrai groupe de Rock fondé par deux comédiens dont la rock’n’roll attitude fit des ravages dans les années 90. Que cela soit sur scène ou sur les plateaux TV de HBO, Black et son acolyte, le génial guitariste Gass, ont pointé du doigt, toujours avec délicatesse, les travers lourdauds des stars has-been d’un genre musical qui continue de grimper. Ce film, sorti en 2006, reflète très justement les délires audiovisuels de nos deux compères sans toutefois friser le génie.

Tenacious D n’est pas un monument du rire, seulement un OFNI (Objet Filmique Non Identifé) qui délimite honnêtement la nouvelle comédie US qui, de Ben Stiller à Owen Wilson en passant par Wes Anderson et Steve Carell, explose continuellement. Ce Frat pack est une chose fondamentalement sérieuse qui dépoussière le rire américain et lui donne une certaine noblesse, et dont il faudra impérativement analyser de risque de passer à côté d’un pur son !

Disponible à la vente depuis le 6février 2008

Titre original : Tenacious D in The Pick of Destiny

Réalisateur :

Acteurs : ,

Année :

Genre :

Durée : 93 mn


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

La ragazza di Bube : une leçon d’humanité

La ragazza di Bube : une leçon d’humanité

Dans l’arrière-pays toscan à peine libéré du joug fasciste, un lien indéfectible se noue entre le jeune partisan Arturo dit  » Bube » , le vengeur, et Mara, jeune sauvageonne en mal d’amour. Dans les convulsions et les remous politiques de l’ immédiat après-guerre, Luigi Comencini filme le passage à l’âge adulte de la jeune paysanne immature. Ballotée par des événements qui la dépassent, elle prend brusquement conscience de sa nature profonde. C’est aux côtés du maquisard qu’elle va forger une expérience désabusée de la vie. Relecture actualisée..

Nuit et Brouillard ou comment convoquer l’indicible

Nuit et Brouillard ou comment convoquer l’indicible

A revoir « Nuit et brouillard », le documentaire d’Alain Resnais nous plonge dans une sidération honteuse. Les images de déshumanisation génocidaire hantent sans répit notre mémoire et convoquent notre mauvaise conscience collective. Elles sont le contrepoint du plaidoyer élégiaque en faveur d’une paix universelle que sous-tend la sublime prose littéraire de Jean Cayrol, écrivain-poète et résistant déporté à Mauthausen en 1942. Le présent des ruines et de désolation est le pendant d’un passé tragique qu’il s’agit de raviver douloureusement pour le tirer de l’oubli terminal. Dix ans après la découverte de l’ampleur victimaire de la « solution finale » sciemment élaborée par les dignitaires nazis, la mobilité contemplative des travellings parcourant les vestiges de la machine concentrationnaire vient contrebalancer la stase des charniers de cadavres amoncelés ad nauseam et déblayés par les bulldozers dans un précipité hallucinant. Relecture de ce documentaire fondateur à l’aune de notre regard rétrospectif contemporain..