Père Noël origines

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Sous ce titre ridicule se cache un premier long étonnant, qui comme « Super 8 » réactive les souvenirs d´une époque où fantastique rimait avec célébration de l´enfance.

Ce n’est pas tous les jours que l’on tombe sur un film finlandais. Ce n’est pas étonnant non plus : contrairement à ses voisins scandinaves, le berceau de Nokia n’est pas spécialement productif, et, à part le trésor national Aki Kaurismaki (et son petit frère Mika), les productions locales s’étant exportées ces derniers temps (du tarkovskien Sauna à la série B Dark Floors) l’ont été de manière très confidentielle. Toutes proportions gardées, Père Noël origines pourrait changer la donne, tant il fait le buzz depuis son passage dans les festivals du monde entier, notamment à Gérardmer. Comme son – très mauvais, et syntaxiquement douteux – titre français l’indique, le film s’attaque au mythe ô combien universel du papa Noël.

Très ancrée dans la culture finlandaise, la légende du vieillard barbu distribuant des cadeaux à tous les petits n’enfants se voit proposer une réactualisation pour le moins osée, le tout à travers les yeux d’un enfant boudeur mais débrouillard, de son père un peu rustre et de quelques collègues aussi gauches qu’ahuris. La petite communauté, vivant dans le grand Nord du pays, va s’aventurer sur une mystérieuse montagne au-delà de la frontière avec la Russie, là où de mystérieux chercheurs, depuis disparus, ont semble-t-il déterré quelque chose. Ou plutôt quelqu’un : un vieillard barbu et mutique, qui arbore un air très menaçant dès qu’il voit un enfant…

L’enfant du grand Nord
 

Déjà réalisateur de deux courts très remarqués sur le même sujet, qui complètent très bien le propos de son premier long, Jalmari Helander montre qu’avec peu de moyens (2 millions d’euros à peine) et un vrai savoir-faire technique, il est possible de réaliser un film mariant l’effrayant, le fantastique et l’humour, sur la base d’une histoire très originale. En effet, ce synopsis ne déflore que le début du film, un premier acte servant à la mise en place de ce mystère ne demandant qu’à être découvert. Ce sens du merveilleux, de l’aventure en terre interdite, dans un paysage époustouflant de contrées reculées couvertes de neige, rappelle inévitablement, ne serait-ce que dans ses choix de photographie (bleutée, scintillante, autorisant une grande profondeur de champ), les productions Amblin des années 80.

L’ombre de Spielberg plane logiquement sur ce Rare Exports (titre original) brodant sur un mythe inextricablement lié à l’enfance, à une certaine perte d’innocence aussi. De nombreuses scènes s’attachent à décrire les liens parfois conflictuels entre le petit Pietari et son père (les acteurs sont en plus véritablement père et fils), à décrire cette balance entre la rudesse d’une vie modeste dans le grand froid, et le rêve incarné par le calendrier de l’Avent que Pietari découvre chaque jour un peu plus. Ce n’est – sans doute – pas non plus un hasard si à un moment dans le film, notre jeune et angélique petit héros doit échapper à une horde de vieux elfes courant tout nu dans la neige, donnant, de notre point de vue frenchy, une tonalité assez étrange à ce qui est avant tout un « conte de Noël », ainsi que l’indique le sous-titre original. Ces curiosités culturelles, associées à un rythme nonchalant en milieu de métrage, assez étonnant au moment où le suspense doit au contraire se bâtir, pourront désarçonner ceux qui s’attendent à un divertissement virevoltant à la Super 8, autre production, beaucoup, beaucoup plus cossue ravivant le spectre du studio au vélo. Mais le voyage, plein d’ironie, d’humour typiquement scandinave, et qui se conclut sur un épilogue hilarant faisant le lien avec les courts-métrages, vaut indéniablement le détour. Que vous croyez au Père Noël ou non.

Titre original : Rare Exports: A Christmas Tale

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Durée : 80 mn


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