Select Page

Papa was not a Rolling Stone

Article écrit par

Adaptation de son propre livre, « Papa was not a Rolling Stone » nous plonge dans la vie de Sylvie Ohayon, des mots à un grand écran. Du rêve et quelques dérapages.

Papa was not a Rolling Stone est tout d’abord un livre, écrit par Sylvie Ohayon, relatant les moindres détails de son adolescence à la Courneuve dans les années 80. Paru en 2011, il a fallu trois ans pour que l’écrivaine pousse la porte du cinéma et qu’on lui conseille d’adapter son histoire avec des jeunes acteurs (Doria Achour, Soumaye Bocoum, Rabah Naït Oufella, etc.) et des acteurs plus confirmés (Aure Atika, Marc Lavoine, Sylvie Testud, etc.). Au programme de cette comédie, le destin d’une jeune fille qui devient une femme, son premier amour, ses copines, sa vie mêlée à la danse, à Jean-Jacques Goldman, et son envie de faire des études pour se sortir d’une cité qui ne lui donne pas envie d’y rester. Pour incarner la jeune adolescente Stéphanie, la réalisatrice en herbe a fait appel à Doria Achour, une comédienne aux traits angéliques et à la personnalité surprenante. Véritable fil conducteur de ce film, Doria Achour qui ne connaît dans sa vie ni la cité, ni les années 80, a le talent de nous faire vivre un véritable flash-back – que ce soit à travers les looks improbables de son beau-père (Marc Lavoine), à l’attitude totalement débridée, ou de sa mère (Aure Atika), ou les répliques presque clichés de sa meilleure amie (Soumaye Bocoum). Tout ce qu’elle désire dans sa vie, c’est étudier, danser, aimer et écouter de la musique.

Malgré une histoire touchante, des acteurs bien castés, des reconstitutions justes et l’envie de raconter l’histoire d’une jeune fille telle qu’elle aurait pu la vivre – sa réalisatrice en étant la principale témoin – Papa was not a Rolling Stone montre quelques faiblesses, dont une réalisation à la facture parfois presque téléfilmique et un enchaînement de scènes souvent très prévisibles. Peu de surprises, peu d’originalité sur le fond de cette histoire, celle d’une jeune femme qui veut sortir de la cité, non pas parce qu’elle est malheureuse – ce qui pourrait pourtant être son cas, son beau-père étant violent – mais parce qu’elle a de l’ambition, de la volonté. Le portrait est beau à lire, à penser, mais l’est-il tout autant à montrer, dans un film ?

 

Ce qui est plaisant, c’est la grande complicité entre les acteurs, l’énergie de ce film et surtout, les répliques presque cultes : "Arrête de faire ta shakespeare des 4000 avec ta famille de blédards", "Tu sais ce qu’il y a dans le mot réputation Madame le dictionnaire ? Il y a pute." Souvent dans la bouche de la meilleure amie de Stéphanie, ces répliques ayant presque force de punchlines dynamisent le long métrage, lui donnent de la vie, un peu de réalité dans une fiction  léchée, attendue. Autre côté positif, pour tous les nostalgiques ou les curieux, cette immersion musicale côté France des années 80 vaut le coup. Jean-Jacques Goldman et son Envole-moi  qui colle parfaitement au scénario, The Temptations avec Papa was a Rolling Stone dont est inspiré le titre, mais pas que… Une bonne virée en cité oui, mais de manière très positive – ce qui peut nous changer, côté cinéma français !
 

Titre original : Papa Was Not A Rolling Stone

Réalisateur :

Acteurs : , , , ,

Année :

Genre :

Durée : 99 mn


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

Cycle rétrospectif Detlef Sierck (alias Douglas Sirk) période allemande

Cycle rétrospectif Detlef Sierck (alias Douglas Sirk) période allemande

Au cœur des mélodrames de la période allemande de Douglas Sirk, ses protagonistes sont révélés par les artefacts d’une mise en scène où l’extravagance du kitsch le dispute avec le naturalisme du décor. Mais toujours pour porter la passion des sentiments exacerbés à son point culminant. Ces prémices flamboyants renvoient sans ambiguïté à sa période hollywoodienne qui est la consécration d’une œuvre filmique inégalée. Coup de projecteur sur le premier et dernier opus de cette période allemande.

La mort d’un bureaucrate

La mort d’un bureaucrate

« La mort d’un bureaucrate » est une tragi-comédie menée “à tombeau ouvert” et surtout une farce à l’ironie macabre déjantée qui combine un sens inné de l’absurde institutionnel avec une critique radicale du régime post-révolutionnaire cubain dans un éloge
bunuelien de la folie. Férocement subversif en version restaurée…