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Notes festivalières : Premiers Plans d´Angers, janvier 2014

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La 26e édition de Premiers Plans d’Angers s’est achevée ce dimanche. Retour sur quelques jours de festival.

Cette année, il n’y a pas eu de neige à Angers. Au contraire, un climat très doux et brumeux, comme pour illustrer la fameuse « douceur angevine ». Et côté cinéma, bonne cuvée encore ne serait-ce que pour les rétrospectives et les hommages : Robert Bresson, Patrice Chéreau, Lars von Trier, Denis Podalydès, et j’en oublie sans doute. Le Palais des festivals brille de mille feux en ce vendredi 17 janvier pour la soirée d’ouverture. Un portrait en pied de Valérie Trierweiler trône sur la scène par moments, il faut dire qu’elle est native d’Angers et qu’elle ne connaît pas encore l’avenir qui l’attend. Partout, dans la ville, la belle affiche de Benjamin Baltimore (comme à l’accoutumée puisque c’est lui qui réalise toutes les affiches du festival) met en valeur le visage endormi de la belle Nicole Kidman dans Dogville (Lars von Trier, 2002). 

Le festival débute par la cérémonie d’ouverture, on vous fait grâce des discours et de la présentation du jury professionnel composé de Catherine Corsini (présidente), Maria de Medeiros (qui arrivera seulement le dimanche, retenue par un tournage au loin), Nadir Moknèche, Bruno Todeschini (qui présentera plusieurs films de Chéreau en connaissance de cause), Anne-Louise Trividic (elle aussi) et Chen Chen. Ida, le film qui sera présenté, émouvant presque autant que celui de l’année dernière (Blancanieves – Pablo Berger, 2002), sort sur les écrans français le 12 février et on y reviendra sur Il était une fois le cinéma. C’est un film de Pawel Pawlikowski qui nous avait offert La Femme du Ve en 2011 et qui revient en Pologne pour un sobre et sombre film sur une jeune religieuse qui, au moment de prononcer ses vœux, sort du couvent pour retrouver sa tante qui a des révélations à lui faire concernant sa judéité. Elle jettera sa gourme par-dessus les moulins pour une courte nuit à la mort de sa tante, pour revenir prestement au couvent qui l’attend. Un beau film sur la foi et les errements du cœur.

Et du côté des « premiers plans proposés » ? Nous n’avons hélas pas pu tout voir, mais il y eut de belles surprises comme Class Ennemy de Rok Biček (qui obtiendra le Prix du public) et aussi Corpii Estranei de Mirko Locatelli pour lequel l’acteur (excellent de vérité) Filippo Timi a obtenu un prix d’interprétation. 
 

 

I Corpii Estranei de Mirko Locatelli
 
Dans la série des courts métrages français, un très beau film d’animation de Amélie Harrault, Mademoiselle Kiki et les Montparnos ; Zakaria de Leyla Bouzid – qui a obtenu une mention spéciale du jury courts métrages français et qui continue sa recherche d’identité à la manière de son précédent court Soubresauts (2011) ; et un ovni qui nous montre un Christophe bien destroy, dans Juke-Box d’Ilan Klipper, accompagné d’un médecin un peu dépassé car on a connu Marilyne Canto beaucoup plus dynamique. Mais il faut dire que, dans ce film, Christophe joue un rôle et pousse le paradoxe du comédien jusqu’à un point intéressant au bord de la cassure, d’autant qu’il est crédité dans le générique sous le nom de Daniel Bevilacqua, son vrai nom. Un film pour le moins étrange et qui nous dérange étrangement.

Que dire sinon du festival en lui-même ? Qu’il est sympathique, pas d’une taille surhumaine comme Cannes, mais pas du tout provincial. On peut entrer à toutes les séances et, la plupart du temps, les spectateurs qui poireautent sous la pluie sont d’une humeur plus que courtoise. Et la grande qualité des rétrospectives permet aux jeunes de découvrir des cinéastes un peu oubliés et peu accessibles comme Bresson par exemple. Côté Lars von Trier, possibilité de voir ou revoir Element of Crime (1985), auquel je n’ai rien compris, malgré la fascination que procure sa couleur pourpre et son ambiance aquatique glauque.

 
 
Retrouver l’intégralité du palmarès sur le site internet de Premiers Plans d’Angers.


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