My own private Idaho

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My own private Idaho, sorti en 1992, achève de poser les fondements du cinéma de Gus Van Sant. Troisième long métrage subversif après Mala Noche (1985) et Drugstore Cowboy (1989), l´oeuvre se déroule (en partie) dans l´inquiétante ville de Portland, muse du réalisateur. On y retrouve des héros désenchantés, qui se débattent seuls dans un […]

My own private Idaho, sorti en 1992, achève de poser les fondements du cinéma de Gus Van Sant. Troisième long métrage subversif après Mala Noche (1985) et Drugstore Cowboy (1989), l´oeuvre se déroule (en partie) dans l´inquiétante ville de Portland, muse du réalisateur. On y retrouve des héros désenchantés, qui se débattent seuls dans un milieu oppressif, à la recherche vaine de leur identité.

Mike Waters (impressionnant River Phoenix) et Scott Favor (Keanu Reeves) mènent en apparence la même existence. Ils prêtent leur corps pour de l´argent, volent à l´occasion, et vivent au sein d´une petite communauté de squatters. Or là où l´un a choisi ce mode de vie en rébellion contre son père, riche bourgeois, l´autre y est condamné depuis toujours…et sûrement pour toujours. Scott << s´accorde >> en quelque sorte cette déviance avant d´hériter du patrimoine de son père. Mike lui, ne parvient pas à se construire, hanté par une enfance déchirée, qu´il retrouve en rêve chaque fois qu´il sombre dans l´une de ses fréquentes crises de narcolepsie.

Construit comme un noeud temporel (la situation d´ouverture est aussi celle qui clôt le film), My own private Idaho allie réalisme flirtant avec le documentaire (recueils des témoignages de ceux qui peuplent la communauté) avec une poésie des dialogues (emprunts à Henry IV, pièce de Shakespeare) et des images (les errances de Mike sur les routes de l´Idaho). Gus Van Sant réussit une mixture étonnante dans laquelle le spectateur d´abord troublé, se laisse happer. La réussite du film repose en grande partie sur la sincérité étonnante que River Phoenix insuffle au personnage de Mike, qui finit par renoncer à se débattre dans l´infinie répétition de sa route.

My own private Idaho clôt ainsi le chapitre le plus indépendant de Gus Van Sant qui se tournera plus tard vers du cinéma plus grand public tel que Will Hunting. Ces thèmes de prédilection (la masculinité, la solitude, l´errance et la recherche de soi-même) continuent néanmoins de nourrir ses oeuvres les plus actuelles.

Titre original : My own private Idaho

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Durée : 105 mn


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