Les Prédateurs

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Lucas Belvaux est un cinéaste de l’instinct. Politique, complot et république, trois critères qui font bon ménage dans l’hexagone. Un téléfilm correct qui, sans être transcendant, tient en haleine de bout en bout.

Quelque chose de pourri. Quelque chose d’humain. Quelqu’un leur a bien dit de ne pas s’aventurer dans ces zones meurtrières. On n’écoute plus, on suit son instinct, on se fie à des sentiments déshumanisés et on tombe dans le panneau. De nombreuses années s’écouleront avant que tout soit découvert. Entre temps, combien de vies brisées, de cœurs perdus, d’espoirs foutus ? Et tous ces noms qui ressurgissent, qui nous sont devenus familiers, les Sirven, Le Floch-Prigent, Joly ou Tarallo, qui hantèrent nos petites lucarnes et qui furent comparés à des prédateurs.  Résultat : L’affaire Elf est retranscrite adroitement. .

Toujours une histoire de couples épatants qui cavalent après leurs vies. Toujours ce semblant de je-m’en-foutisme, toujours cette lueur d’espoir dans des regards confondus. Belvaux, comédien de formation et réalisateur formel, sait capter les travers d’une société en mal de tout et en perte de vitesse. Que cela soit dans Pour rire où il offrait un rôle majestueux de cocu à Jean-Pierre Léaud ou dans La Raison du plus faible, triste polar social, Belvaux ne rechigne jamais, ne fait jamais dans la dentelle et finit toujours ses films en sueur. Les Prédateurs, même si le format TV peut provoquer quelques réticences, réussit son pari de transparence. Tout est dit, tout est savamment montré.

Le propos est clair : plus vous flirtez avec le mensonge et la cupidité, plus vous avez des chances d’être médiatisé à défaut d’être poursuivi en justice. Belvaux réunit une flopée de personnages tous plus mystérieux les uns que les autres et les invite à une party démentielle. Entre socialisme louche et capitalisme outrancier, entre mise en scène classique et théâtralisation des sentiments, Belvaux donne le tournis et enfonce le clou en dynamitant de l’intérieur tout cette configuration qui profita – en milliers d’euros – à des industriels véreux. Impossible de ne pas comprendre, impossible d’être assailli par tant de noms, de personnages. La vérité est affreusement belle et catapulte nos pauvres sens vers un maelström de sentiments endiablés.

Titre original : Les Prédateurs (Saisons 1 et 2)

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