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Les 35 ans de Mad Movies à la Cinémathèque

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Chapeau bas ! Mad Movies, revue culte, hante les couloirs de La Cinémathèque pour une semaine de folie, d’horreur et de Z allumé.

Peu de magazines peuvent s’enorgueillir d’avoir tenu si longtemps dans la presse cinématographique, d’autant plus quand on aborde le cinéma de genre sous toutes ses coutures. Après la disparition de multiples zines pro-fantastiques, notamment Starfix, et à l’heure où les grands noms comme Première Studio et Positif font ce qu’ils peuvent pour continuer à vivre, Mad Movies resplendit d’un lectorat toujours fidèle et d’une patate qui n’est pas prête de s’éteindre. Petit retour sur l’histoire d’un mec…

En effet, impossible de parler de Mad Movies sans évoquer celui à qui tout est dû, Mr Jean-Pierre Putters. Accro aux bouts de pelloches déviantes, un peu de gore, de sexe et beaucoup de n’importe nawak, et bien décidé à faire partager sa passion, il devait bien penser qu’il n’y avait pas que lui à aimer ce genre de films, il créa avec trois francs six sous le fanzine Mad Movies. Emporté par sa sincérité et son ton décalé, Putters persévère pour faire grandir son petit bébé, et, après de jolis dossiers sur la Hammer ou sur un certain Mario Bava, Mad Movies parvint à se hisser au rang de revue professionnelle à partir du numéro 22. L’amour du genre est plus fort que tout, à cette époque JPP est le seul à défendre ce genre de films, jugés trop sales et fauchés pour le reste de la critique, et la ligne éditoriale est là : défendre des petits films, des objets bizarres, des trucs informes mais rigolards ou inventifs, car comme dirait l’autre : « si on le fait pas nous, personne d’autre ne le fera ».

C’est à force de marteler à coups de punchlines hardcores ou de déclarations poético-amoureuses l’amour du genre fantastique, que de nombreux pauvres lecteurs, à commencer par votre dévoué serviteur, se sont vus obligés d’adhérer à la secte Mad Movies. Et un peu comme les zombies avec de la chair fraîche, on a tendance à en redemander. Rappelons que ce fut le seul magazine à parler de Peter Jackson à son époque tripailles à l’air, de Sam Raimi et ses Evil dead interdits aux ménagères de plus 30 ans, des débuts de Cronenberg, du génie de MacTiernan, du machisme viril toutes couilles dehors de Peckinpah et de Friedkin.

Si on lui avait prédit, au père JPP, que son Golem allait fêter ses trente cinq piges un jour, il se serait retourné tant de fois dans sa tombe que le gardien du cimetière l’aurait viré à coups de pelle dans la tronche. Il faut bien se l’avouer, la bambin est là, en pleine force de l’âge, plus fort que Godzilla, plus terrifiant que Leatherface et continuant de chier sur le politiquement correct à tour de bras. Au risque de me répéter, Mad Movies en a toujours rien eu à foutre du qu’en dira-t-on, pourvu qu’on le dise avec nos tripes et notre cœur. Et c’est pour ça que ce putain de magazine est toujours là. Vivement ses 50 ans !

Pendant que j’y suis, un petit topo rapide sur les quelques bijoux programmés à la Cinémathèque du 21 au 30 décembre pour fêter l’évènement.

Au programme : Une soirée cinéma bis avec All the boys love Mandy lane et Les révoltés de l’an  2000 ; Aux portes de l’au-delà, de Stuart Gordon, délire scientifique très gore et très cul du réalisateur de Re-Animator ; Darkman de Sam Raimi, magnifique hommage aux super héros torturés ; L’éventreur de New York du briscard Lucio Fulci, film poisseux ayant un peu vieilli ; Furie de Brian de Palm, comme son titre l’indique ; Incidents de parcours de Georges « Zombie » Romero, stupéfiant film d’épouvante animalier ; Invasion Los Angeles de John Carpenter, ou quand la satire ne fait pas de quartiers ; Mad Max 2 de Georges Miller, peut-être un des meilleurs films sur la barbarie post-nucléaire ; Opéra de Dario Argento, bijou sous estimé du Docteur es-armes blanches ; Réincarnations de Gary Sherman, pas vu mais sûrement très bien ; Simetierre de Mary Lambert, cauchemar infanticide mortifère et fascinant ; Starship troopers de Paul Verhoeven, quand la sitcom rencontre des bébêtes de l’espace pour une boucherie jouissive ; Terminator de James cameron, pas besoin de le présenter, celui là tout le monde le connaît ; Vorace d’Antonia Bird, chef d’œuvre méconnu sur le cannibalisme aux allures de survival ; Wolfen de Michael Wadleigh, superbe métaphore sur le massacre des indiens à travers le mythe du lycanthrope.

Que du bon, du rigolard, du flippant, du bourrin, de l’intelligent. Il ne me reste plus qu’une chose à vous dire : Joyeux Noël !


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