Le Cinéma africain

Article écrit par

Ouvrez les stores, l’Afrique revient, et en grande forme !

Durant deux semaines, le Coin du cinéphile ouvre ses portes à une géographie cinématographique majestueuse et totalement méconnue : l’Afrique. Un peu de sable, des paysans, quelques vaches, de la poussière, des chants de tribus et vous obtenez le cliché par excellence que tous se font sur le cinéma africain, et ce depuis des décennies. A qui la faute ? La réponse serait longue et il est inutile de s’y attarder. Aujourd’hui, des visages et des figures captent une essence aussi belle que leurs images. La production est conséquente, les financements sont toujours complexes mais la motivation est grande. Inconcevable de faire abstraction de tous ces acteurs de cette géographie qui excellent dans tous les corps de métier.

Cette semaine, vous pourrez partager les réflexions d’Olivier Barlet (critique de cinéma et auteur d’une bible sur la question), de Thierno Ibrahim Dia (Administrateur du site Africine et critique de cinéma), d’Eriq Ebouaney (acteur remarqué dans Lumumba et grand pourfendeur du cinéma misérabiliste), et de l’immense et belle réalisatrice Rahmatou Keïta, pionnière du cinéma nigérian.

Muna Moto et Bamako sont deux films qui firent date dans l’histoire de ce continent. De la profondeur des sentiments à la radicalité du discours politisé, ce sont deux oeuvres qui avec liberté et fraîcheur rehaussent le cinéma mondial


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

La ragazza di Bube : une leçon d’humanité

La ragazza di Bube : une leçon d’humanité

Dans l’arrière-pays toscan à peine libéré du joug fasciste, un lien indéfectible se noue entre le jeune partisan Arturo dit  » Bube » , le vengeur, et Mara, jeune sauvageonne en mal d’amour. Dans les convulsions et les remous politiques de l’ immédiat après-guerre, Luigi Comencini filme le passage à l’âge adulte de la jeune paysanne immature. Ballotée par des événements qui la dépassent, elle prend brusquement conscience de sa nature profonde. C’est aux côtés du maquisard qu’elle va forger une expérience désabusée de la vie. Relecture actualisée..

Nuit et Brouillard ou comment convoquer l’indicible

Nuit et Brouillard ou comment convoquer l’indicible

A revoir « Nuit et brouillard », le documentaire d’Alain Resnais nous plonge dans une sidération honteuse. Les images de déshumanisation génocidaire hantent sans répit notre mémoire et convoquent notre mauvaise conscience collective. Elles sont le contrepoint du plaidoyer élégiaque en faveur d’une paix universelle que sous-tend la sublime prose littéraire de Jean Cayrol, écrivain-poète et résistant déporté à Mauthausen en 1942. Le présent des ruines et de désolation est le pendant d’un passé tragique qu’il s’agit de raviver douloureusement pour le tirer de l’oubli terminal. Dix ans après la découverte de l’ampleur victimaire de la « solution finale » sciemment élaborée par les dignitaires nazis, la mobilité contemplative des travellings parcourant les vestiges de la machine concentrationnaire vient contrebalancer la stase des charniers de cadavres amoncelés ad nauseam et déblayés par les bulldozers dans un précipité hallucinant. Relecture de ce documentaire fondateur à l’aune de notre regard rétrospectif contemporain..