Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare

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<< Si on devait mourir demain >>.

Il reste vingt et un jours à Dodge pour se remettre de la fuite de sa femme. L’astéroïde Matilda s’apprête à entrer en collision avec la Terre et à l’annonce de la bonne nouvelle, l’épouse modèle a décrété qu’elle ne souhaitait pas vraiment aimer ni chérir son petit mari jusqu’à ce que la fin du monde les sépare. Bien résolu à accueillir la catastrophe en tirant la gueule, Dodge s’apprête toutefois, sans le savoir, à entrer en collision avec sa voisine, Penny. Le hasard du scénario a voulu que – tiens donc – Penny soit l’exacte opposée de Dodge. Une fille a priori futile, facile, versatile, infantile. Ayant séquestré trois ans le courrier de son voisin, Penny va néanmoins devoir racheter son inconséquence.

Notre duo de Joyeux et Grincheux se transforme vite en combo romantique de choc. Road movie catastrophe, Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare aurait été plus convaincant si son auteur avait eu l’audace de tordre les codes du film d’action dans ceux de la comédie sentimentale sans pour autant les diluer dans la guimauve – impardonnables solos de guitare sur plans au ralenti, et imbitables mariages célébrés pieds nus sur la plage. Même facile, le début brutal était pourtant prometteur avec cette annonce radiophonique d’une fin imminente suivie du Wouldn’t it be nice tant rebattu des Beach Boys. Bien vue également, la réaction déplorable et absurde de la majeure partie de la population enfin libérée de tout semblant de responsabilité : on sourit sans peine devant ces bourges proprets des suburbs et nouvellement enclins à vivre dangereusement qui, ayant récupéré de l’héroïne, proposent de se l’injecter en écoutant Radiohead.

« Vous trouvez les gens lâches ? Attendez la fin du monde ! »

 
Lorene Scafaria connaît bien la musique. Ses références plairont certainement aux amateurs du rayon labels indépendants du Virgin. Le laïus d’œnologue servi par Penny sur le disque vinyle séduira certainement les adolescents un peu fétichistes. Malheureusement, la densité d’un personnage ne se mesure pas à celle de sa discothèque : le mondialement canonisé Leonard Cohen et l’appartement gentiment customisé baba de l’héroïne ne changeront rien à notre indifférence, voire même notre agacement, devant la bouille minaudeuse de Keira Knightley, spécialiste désormais hors compétition de moues diverses et variées.

Laissés en état de quasi veille psycho-émotionnelle depuis l’écrasement foudroyant d’un suicidé sur le pare-brise de la voiture de Dodge à J -14, nous pourrons toujours nous raccrocher au H -1 du cataclysme. Alors que la terre tremble et cogne comme un cœur éprouvé, recroquevillés sur un lit, nos amoureux n’ont plus qu’à affronter une fin semblable à un début. Noyée dans un halo de clarté, l’apocalypse de Lorene Scafaria ressemble étrangement à un coup de foudre…
 

Titre original : Seeking a friend for the end of the world

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Durée : 100 mn


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