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Intouchables

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Avec des Sy, on fait (enfin!) une bonne comédie française en 2011.

Triste constat : l’année 2011 est une année désespérément morose pour la comédie française. Alors qu’elle se termine péniblement, nous ayant offert des films empoisonnés dont on taira les noms se situant au hasard dans un avion, sur des bateaux de plaisance ou directement à la douane (pour mieux nous échapper ?), le duo de réalisateurs Toledano/Nakache construit petit à petit une œuvre faisant timidement sa place dans l’horizon espéré du renouveau du genre. Après Nos jours heureux et Tellement proches, il développait une réputation de faiseur de films drôles, sans prétention mais avec ce supplément d’âme tant ignoré par les récentes productions de comédies françaises. Intouchables ne déroge pas à cette marque de fabrique et symbolise même la constante progression du duo, s’améliorant au fil de leur collaboration.

Contrairement à leurs films précédents, dans Intouchables, les réalisateurs-auteurs se concentrent désormais sur un duo d’acteurs. Familiers des effets jubilatoires de la bande, le risque est salutaire et ne peut être que payant selon le choix des acteurs. Bingo ! Ils ont choisi Omar Sy et François Cluzet formant une complicité équilibrée et complémentaire mélangeant la fougue du novice et le professionnalisme de l’expérimenté. Cluzet interprète un tétraplégique fortuné qui engage un banlieusard paumé pour l’aider au quotidien. Sy va devoir le laver, le soigner, le dorloter mais surtout va lui redonner le sourire et le goût à la vie (donc à l’amour). Une histoire d’amitié improbable misant tout sur l’échange entre deux comédiens qui s’abandonnent littéralement pour l’autre et le bien du film démontrant une humilité exemplaire. Pas de numéro d’égocentrique, dans Intouchables, on ne joue pas « perso » offrant des séquences drôles et efficaces lors de cette rencontre entre deux mondes opposés. Voir Omar mort de rire à l’opéra Garnier devant un ténor déguisé en arbre et qui chante en allemand, c’est facile certes mais irrésistible. Omar Sy a cette capacité d’apporter une touche de simplicité et de pragmatisme à sa performance comique lui permettant de sublimer un dialogue aux allures légères. Cela dit, Toledano et Nakache font preuve de culot en utilisant toutes les blagues possibles et inimaginables sur le handicap et la tétraplégie qui ne choquent pourtant jamais. Dans Intouchables, on ne se moque pas, on en rigole tout simplement. Cluzet laisse intelligemment la place à son camarade de jeu mais s’intercale avec précision et dégageant de l’émotion même coincé sur un fauteuil roulant. L’histoire est belle mais elle manque malgré tout de profondeur. Petit à petit, on a l’étonnante sensation qu’il ne se passe pas grand-chose et qu’on assiste à une énumération de vannes sans réelle action ou rebondissement. L’aspect social de la rencontre des personnages est vite abandonné au profit du duo comique qui tel le film, n’évolue pas. Le plaisir ne nous abandonne pas certes, mais il s’atténue jusqu’à la fin du film nous empêchant même d’être réellement émus.

Le film a cependant le mérite de ne jamais se saborder de clichés pourtant attendus à l’évocation même du pitch de l’histoire. Il offre cet espoir que le prochain film de l’association Nakache/Toledano proposera un univers aussi percutant et cet humour légèrement acide, avec une véritable construction narrative et un propos plus pertinent. Car le constat est flatteur : il y a plus de vannes drôles dans Intouchables que dans toutes les comédies françaises de l’année 2011. Omar Sy, nouvelle coqueluche de la comédie française ? Et pourquoi pas…

Titre original : Intouchables

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Genre :

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Durée : 112 mn


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