Festival Air d’Islande – 5,6,7 décembre à la Filmothèque

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« Back Soon » et « Jar City » furent les révélations islandaises de cette année. La première édition de Air d’Islande, organisé par Crystal Clear, permet de découvrir un pan entier de cinéastes talentueux et prometteurs. Du 5 au 7 décembre, l’Islande fait escale à la Filmothèque !

Depuis les années 50, les cinéphilies autrefois discrètes ou inexistantes, sans tradition cinématographique (au contraire de la France, des Etats-Unis ou de l’Italie) ont émergé et ont été identifiées grâce à un cinéaste emblématique. Ce fut Bergman pour la Suède, Kaurismäki pour la Finlande, Kieslowski pour la Pologne. Les années 2000 ont changé la donne, consacrant non plus une personnalité, mais un groupuscule de cinéastes comme porte-drapeaux. Walter Salles, Fernando Mereilles, Paulo Morelli au Brésil ; Cristian Mungiu, Adrian Sitaru, Catalin Mitulescu, Cristian Nemescu en Roumanie ; Alfonso Cuaron, Arturo Ripstein, Alejandro González Inárritu au Mexique. Pourquoi ? Serait-ce un des effets résultant d’une mondialisation qui morcelle et oblige les nations à protéger leur identité ? Serait-ce l’aura dégagée par les  « grands » cinéastes pré-cités ayant généré un enthousiasme et une richesse culturelle à toute une génération ? Ou est-ce encore la propagation d’écoles de cinéma, l’ouverture des cinémathèques qui ont permis la floraison de cinéastes paradoxalement arrivés au cours d’une industrie fragilisée et en pleine mutation ? Les hypothèses sont multiples.

Aujourd hui, grâce à l’association Crystal Clear, le festival Air d’Islande se fond dans cette tendance du collectif. Révéler une cinéphile inconnue, un cinéma commun éclaté en entités diverses : tel est l’objectif de cette première édition. L’année 2008 a confirmé cette mouvance. Back Soon de Solveig Anspach, sorti en août, éveilla notre curiosité pour cette île perdue aux confins du grand nord, aux plaines vastes et sauvages. Alors que Back Soon s’orientait vers l’étiquette réductrice de « film islandais de l’année », force est de constater que, quelques mois plus tard, Jar City dérogeait à la règle, prouvant la multiplicité et la variété du cinéma islandais.

Le festival Air d’Islande parie donc sur cette nouvelle génération de l’an 2000 en présentant 10 longs-métrages, deux courts et un documentaire. Dagur Kari, Solveig Anspach, Ragnar Bragason, Balatasar Kormakur, des noms qui ne nous disent – presque – rien (difficiles à retenir !) mais qui projettent des images inoubliables car emplies de burlesque, de lyrisme ou de réalisme cru. A côté de ces talents prometteurs, un hommage sera rendu à Fridik Thor Fridriksson, cinéaste des années 80 qui reçu l’Oscar du Meilleur film Etranger en 1992 pour Les Enfants de la Nature.

L’isolement, l’errance, les secrets de famille et l’héritage sont des thèmes qui nourrissent un cinéma qu’il nous tarde de découvrir. Accompagné par Þórir Georg Jónsson et son groupe folk, l’Islande fait escale à a Filmothèque pour trois jours de festival, du 5 au 7 décembre.

Renseignements :
Festival Air d’Islande
http://airdislande.com/
Du 5 au 7 décembre à la Filmothèque
9 rue Champolion 5eme Paris


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