Espion(s)

Article écrit par

Pour sa toute première fois, l’ex-critique Nicolas Saada revisite le film de genre, avec Guillaume Canet et Géraldine Pailhas. Et c’est tout simplement superbe. Un coup de maître.

Tiens donc ! La mélancolie peut être sobre, l’élégance à la fois fluide et complexe. Tiens donc… Lorsque le cinéma français ne cherche pas à singer Hollywood, ni à s’assécher dans l’académisme « auteur », il embarque le spectateur comme rarement dans un dédale subtil de plaisir et d’étonnement. Entre thriller et romance : envoûtant. Revoir Espion(s), premier long métrage de Nicolas Saada, sorti en salles l’hiver dernier et disponible désormais dans les bacs, c’est tout simplement s’immerger dans l’un des meilleurs films du genre depuis Les patriotes (Éric Rochant, 1994).

                                                                                                             Espion(s).

                                                                                                              Espion(s) est certes sa première fois, mais c’est surtout – déjà – un coup de maître.

DVD édité chez TF1 Vidéo. Sorti depuis le 20 Août 2009.

Titre original : Espion(s)

Réalisateur :

Acteurs : , ,

Année :

Genre :

Durée : 99 mn


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

La ragazza di Bube : une leçon d’humanité

La ragazza di Bube : une leçon d’humanité

Dans l’arrière-pays toscan à peine libéré du joug fasciste, un lien indéfectible se noue entre le jeune partisan Arturo dit  » Bube » , le vengeur, et Mara, jeune sauvageonne en mal d’amour. Dans les convulsions et les remous politiques de l’ immédiat après-guerre, Luigi Comencini filme le passage à l’âge adulte de la jeune paysanne immature. Ballotée par des événements qui la dépassent, elle prend brusquement conscience de sa nature profonde. C’est aux côtés du maquisard qu’elle va forger une expérience désabusée de la vie. Relecture actualisée..

Nuit et Brouillard ou comment convoquer l’indicible

Nuit et Brouillard ou comment convoquer l’indicible

A revoir « Nuit et brouillard », le documentaire d’Alain Resnais nous plonge dans une sidération honteuse. Les images de déshumanisation génocidaire hantent sans répit notre mémoire et convoquent notre mauvaise conscience collective. Elles sont le contrepoint du plaidoyer élégiaque en faveur d’une paix universelle que sous-tend la sublime prose littéraire de Jean Cayrol, écrivain-poète et résistant déporté à Mauthausen en 1942. Le présent des ruines et de désolation est le pendant d’un passé tragique qu’il s’agit de raviver douloureusement pour le tirer de l’oubli terminal. Dix ans après la découverte de l’ampleur victimaire de la « solution finale » sciemment élaborée par les dignitaires nazis, la mobilité contemplative des travellings parcourant les vestiges de la machine concentrationnaire vient contrebalancer la stase des charniers de cadavres amoncelés ad nauseam et déblayés par les bulldozers dans un précipité hallucinant. Relecture de ce documentaire fondateur à l’aune de notre regard rétrospectif contemporain..