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DVD « Tous au Larzac »

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La sortie en DVD du documentaire de Christian Rouaud, « Tous au Larzac », permet de mieux comprendre cette lutte qui a secoué le monde paysan dans les années 1970. Cette édition, abondante de suppléments, est une manière d’enrichir et de compléter la vision du film, de même que l’est l’entretien avec Christian Rouaud, que nous avons eu le plaisir de rencontrer.

Un article de Amélie Navarro et Camille Poirié
Les terres du Larzac en tremblent encore

Au Sud du Massif Central, dans l’Aveyron, s’étend un vaste plateau : un paysage de légende, là depuis toujours. Les Causses du Larzac semblent avoir tout vécu, tout vaincu. Mais loin des luttes naturelles, la bataille s’est un jour faite humaine. C’est une contrée de luttes où, pendant onze ans, des paysans ont refusé de se soumettre. Ce territoire leur appartient et il ne peut en être autrement. Là-bas, la vie n’est pas dure mais rude. Le paysan occupe son territoire, le cultive, vit de lui. Sans sa terre, que vaut-il ? Ces paysans en lutte contre l’extension du camp militaire et l’expropriation de leurs terres, donc contre l’Etat, se considèrent comme des gens normaux et c’est ce qui fait leur force. Modestes acteurs d’une lutte acharnée, ils se révèlent être déterminés, d’une surprenante ténacité.
Les souvenirs historiques de la guerre du Larzac ne se perdront pas dans les entrailles de la terre grâce au travail de documentaristes comme Christian Rouaud qui décide de les faire revivre, à travers les témoignages de ceux qui les ont vécus.

La vigueur de la lutte est redynamisée par un montage, fluide, fait d’alternances, trouvant son équilibre entre témoignages au présent et archives au passé. Le dispositif mis en place par Christian Rouaud consiste en des faces caméra où les protagonistes se remémorent leurs actions. Ils sont filmés individuellement mais le montage réussit à réunir toutes ces personnalités en un tout. Qu’il s’agisse de paysans originaires du Larzac ou de paysans venus d’ailleurs, tous les esprits se rejoignent dans un même rêve de société. Ces entretiens, fixes, alternent avec des archives Super 8 tournées à l’époque par un acteur de la lutte, Léon Maillé, ainsi qu’avec des plans du Larzac d’aujourd’hui. Le lieu parle, le paysage est personnage. Le film va suivre de manière chronologique, d’année en année, les événements et l’évolution d’une lutte qui va prendre d’autres dimensions au fur et à mesure du combat. Le spectateur semble vivre, comme les paysans du film, une véritable initiation politique, une prise de conscience. Jusque-là, les paysans étaient isolés même les uns par rapport aux autres. La lutte a rompu les barrières, créant une véritable communauté.
On peut saluer la maîtrise de Christian Rouaud dans la manière dont il traite ses protagonistes : en toute simplicité, alors que le risque était grand de les célébrer en héros.


Du Larzac à Paris : des paysans en colère
Regards aveyronnais

Claire B. est Aveyronnaise et le Larzac, c’est tout pour elle. Elle y est née et en est fière.
Durant la décennie qu’a duré la lutte du Larzac, elle avait entre sept et seize ans. Elle nous parle des souvenirs qu’elle en a gardé :

« Au début, étant gosse, c’était très flou. Je ressentais qu’il y avait une haine contre l’armée mais je ne comprenais rien à la politique. L’armée arrivait à la limite des terres de mon père. J’avais sept ans, environ. Ensuite, les militaires nous coupaient les clôtures pour que les bêtes s’évadent, les hélicoptères passaient très bas pour faire peur aux animaux. Alors, dans ma tête d’enfant, je me suis mise à détester l’armée, et le slogan « Faites l’amour, pas la guerre » résonnait très fort. »

Le documentaire de Christian Rouaud réussit à faire transparaître, à travers les voix tremblantes de souvenirs de ses témoins, l’atmosphère qui régnait sur le plateau du Larzac. La lutte s’est toujours basée, avant toute chose, sur la non-violence :

« Il y avait des barrages avec la communauté de l’arche (Lanza del Vasto). Ils se mettaient en travers de la route et l’armée venait les chercher pour les mettre sur le côté de la route mais, aussitôt, ils se remettaient au milieu de la route, sans violence. Je trouvais ça marrant. »

Elle constate que, politiquement, les gens sont plus à gauche qu’avant la lutte. Elle se souvient des tensions qui existaient au sein même de la communauté paysanne, tout le monde n‘était pas du même bord :

« Certains paysans se détestaient car certains d’entre eux avaient vendu des terres à l’armée, pour le camp d’extension, tandis que d’autres étaient entièrement contre. Par la suite, ils sont devenus les meilleurs amis du monde. Je pense à Robert et à Jean-Paul mais, malheureusement, Jean-Paul n’est plus parmi nous pour dire à quel point cette lutte a ouvert les esprits. »

Claire a vu le documentaire de Christian Rouaud et nous fait part de ses impressions. Le Larzac étant sa terre, le regard qu’elle porte sur le film n’en est que plus exigeant :

« Le documentaire est super. C’était très émouvant. Finalement, vu mon jeune âge, je ne m’apercevais pas que c’était une lutte aussi acharnée. Cette lutte, où il est venu beaucoup de monde, a aussi ouvert l’état d’esprit du monde extérieur par rapport aux paysans. Les paysans du Larzac ne sont pas des rustres, au contraire, ils sont très ouverts. Par contre, je pense que le documentaire n’a pas tout dit : ils n’ont pas parlé de tous les mouvements qui se sont passés pendant ce temps-là comme, par exemple, quand l’armée coupait les clôtures et que les bêtes s’échappaient, quand les hélicoptères rasaient les troupeaux et que les bêtes avortaient. Ils n’ont pas parlé des petites manifestations qui ont secoué Millau. Ils n’ont pas non plus évoqué le fait que ces pacifistes étaient, au départ, mal vus par certaines populations. À La Cavalerie, beaucoup de personnes étaient pour l’armée, surtout ceux qui avaient un commerce. ».

Pourtant, le documentaire, même s’il évoque ce qui s’est passé à plus grande échelle, ne néglige pas pour autant les petits mouvements qui ont secoué le Larzac. Mais il faut se rendre à l’évidence : le montage subit des contraintes et deux heures de film ne suffisent pas pour tout raconter. C’est pourquoi les spectateurs, à l’instar de Claire, ne pourront être que comblés par la qualité des suppléments qui accompagnent l’édition DVD du film.

Une grange construite de mille mains : belle image à la fois humaine et cinématographique

 

L’édition DVD du film

En effet, Ad Vitam n’a pas fait les choses à moitié pour cette édition DVD assez surprenante. Elle peut satisfaire les curieux friands d’en savoir plus, à la fois sur le film et sur les protagonistes qui l’ont fait vivre. Qui dit « bonus » dit « curiosités », lesquelles parfois nous déçoivent, mais ce n’est pas le cas cette fois-ci où la plupart des aspects à propos desquels on s’interroge au sortir du film sont ici résolus. Les bonus ne se contentent pas de survoler les choses mais plutôt de remonter à la genèse du film et de l’Histoire.

Ainsi il nous est proposé d’assister à un entretien face caméra du réalisateur Christian Rouaud qui, pendant quarante-cinq minutes, nous parle de son rapport au cinéma et au documentaire. Réaliser un documentaire, c’est aussi et surtout s’interroger, se poser des questions éthiques par rapport à tous ces gens qui acceptent de s’asseoir face à la caméra et se confier à elle. Ces gens, ces confidences, seront découpés et manipulés pour établir un discours précis, aller dans une direction donnée. Le montage réorganise le discours sous la tutelle de l’éthique. Le montage est fait de tricheries que le réalisateur assume et dont il nous fait part. Durant ses mois d’immersion, Christian Rouaud obtient de ces gens, petit à petit, une énergie particulière, pleine d’émotions qu’il aimerait pouvoir retrouver au moment du tournage; mais l’œil observateur de la caméra paralysera forcément un peu l’élan naturel de la confidence. C’est cette intention de retrouver l’essence même des sentiments que le réalisateur privilégie pour son spectateur. L’entretien est bien mené : pas de questions légères, seule compte la réponse, Christian Rouaud détient la parole. Les aspects techniques du tournage et de la post-production qui sont souvent, et malheureusement, délaissés, sont ici abordés par le réalisateur comme des points incontournables. Christian Rouaud, dans sa manière de s’adresser à nous, apparaît aussi sincère et authentique que le sont les protagonistes de son film.

Le deuxième supplément aborde l’Histoire de la lutte de manière beaucoup plus précise et détaillée. Dépassant les évènements propres au film, celui-ci va beaucoup plus loin et s’intéresse aux autres luttes dont ont été acteurs depuis les années 1980 les habitants du Larzac. Il est surprenant de constater tout ce que la décennie de luttes des années 70 a pu engendrer : les petites et grandes actions qui ont suivi possèdent elles aussi toute leur importance. Différents épisodes nous sont ainsi racontés et détaillés par les protagonistes. Ils nous parlent de la manière dont ils ont continué à se battre pour faire respecter les engagements que François Mitterrand avait pris durant sa campagne électorale au sujet de l’abandon du projet d’extension du camp militaire. Ils évoquent également les rassemblements internationaux, comme celui qui eut lieu au Japon en mars 1982. Ils se remémorent toutes ces autres luttes survenues par la suite et qui se sont greffées à la leur. Ce sont plein de petits combats, à l’échelle nationale et internationale, qu’ils ont soutenus. José Bové nous parle du Rainbow Warrior et de leur bataille pour empêcher les essais nucléaires de François Mitterrand. Ou encore l’affaire du Mac Donald’s de Millau et l’ampleur que l’événement avait suscité, devenant affaire médiatique et accédant au rang de véritable symbole, emblématique.

Autre bonus : les scènes coupées. Loin d’être anecdotiques, ces séquences coupées mais pas oubliées nous en disent encore un peu plus sur cette lutte qui fourmille de tant d’épisodes malheureusement inmontables en deux heures de film. L’épisode de la guerre des tranchées en trois épisodes est particulièrement passionnant.

Également, les affiches de la lutte, tour à tour commentées par chacun des protagonistes : des affiches qui deviennent symboles, des slogans qui seront scandés haut et fort pour marquer les esprits et l’Histoire.


L’affiche du film, pleine d’inspirations
 
Entretien avec Christian Rouaud : « Aucune lutte n’est perdue d’avance »
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Pourquoi avoir décidé, trente ans après les événements du Larzac, de revenir sur cette terre de résistance ?

Tous au Larzac
est en quelque sorte la suite de mon précédent film, Les LIP, l’imagination au pouvoir, qui décrivait la grève ouvrière des usines LIP à Besançon, en 1973. C’est à cette même époque qu’a débuté la lutte des paysans du Larzac. Une connexion s’est donc établie entre leurs combats respectifs : d’un côté, il y avait des ouvriers qui ne voulaient pas être privés de leur usine, de l’autre, des paysans qui refusaient d’être dépossédés de leur terre et de leurs fermes. J’aurais voulu mettre en évidence la relation tissée entre eux, mais le film aurait été trop long. Après sa sortie, j’ai reçu le journal Gardarem lo Larzac [le bimestriel d’information du Larzac, ndlr], dans lequel il y avait une critique très élogieuse des LIP. L’auteur de l’article regrettait qu’il n’existe pas de documentaire de cette qualité à propos du Larzac. J’ai donc décidé d’aller sur place, dans l’espoir que certaines personnes acceptent de me raconter leur histoire.


Comment avez-vous procédé pour que ces gens se confient à vous avec tant de spontanéité ?

La plupart des habitants du plateau avaient vu Les LIP et étaient dans de bonnes dispositions. J’ai trouvé neuf « personnages » et n’en ai pas cherché davantage, car je voulais leur laisser suffisamment de temps pour s’exprimer. Ils devaient avoir l’air tout à fait naturel, comme s’ils étaient tranquillement assis devant chez eux, en train de se remémorer leur passé au coin du feu. Évidemment, ce n’était pas du tout le cas ! J’ai commencé par les interviewer afin de savoir ce qu’ils étaient susceptibles de me raconter, quelles aventures ils avaient vécues. En une semaine, j’avais recueilli 750 pages d’interviews… J’ai écrit le film à partir de cette matière-là. Il s’est passé deux ans avant que le tournage ne débute. Les « personnages » avaient oublié ce qu’ils m’avaient confié, mais pas moi ! En les écoutant, j’avais ri, pleuré : j’ai voulu retrouver ces émotions dans le film.


Comment y êtes-vous parvenu ?


Je savais précisément ce que je voulais obtenir. Je leur ai demandé de me raconter leur histoire, chacun à leur manière. C’était assez éprouvant pour eux, parce qu’ils ne savaient pas ce que les autres allaient dire, ni comment j’allais agencer leurs propos. C’est le montage qui a permis de créer un effet de groupe, en mêlant leurs paroles. En réalité, il n’y a qu’un seul récit, le mien, mais à travers plusieurs voix, les leurs.


Avez-vous travaillé avec une grosse équipe ?

Nous n’étions que cinq : un chef opérateur, un ingénieur du son, un assistant, une régisseuse et moi. Le tournage a duré huit semaines, six en juillet et deux en septembre. Le problème, c’est que je voulais filmer le Larzac sous la neige ! Il a fallu être patient, car il n’est pas tombé un seul flocon de tout l’hiver. Ce sont les habitants qui ont fini par m’appeler, plusieurs mois après le tournage, en s’exclamant : « Ça y est, il neige ! ». J’ai envoyé le chef opérateur tout seul avec son 5D pour tourner ces quelques plans du plateau recouvert d’un manteau blanc.


Comment s’est passé le montage ? Raconter onze ans de lutte en moins de deux heures n’a pas dû être facile…

Je disposais d’énormément de matière visuelle et sonore. À l’époque, les paysans s’étaient rendu compte que les journaux télévisés et les déclarations des politiciens n’étaient que des tissus de mensonge. Léon Maillé avait donc décidé de filmer leurs actions avec une caméra Super 8, pour montrer ce qui se passait réellement au Larzac. Au total, j’avais entre les mains cinquante heures d’archives et une centaine d’heures d’interviews… Sacré problème ! Comment condenser tout cela ? Avec mon fils, qui s’occupait du montage, nous avons sélectionné petit à petit les éléments qui nous paraissaient essentiels : nous nous sommes limités à quinze heures de film, puis six, puis quatre. C’est à ce moment-là que nous avons rencontré une véritable difficulté, car nous n’avions plus que des scènes indispensables, et il fallait encore en tronquer la moitié.

Dans votre film, vous ne vous intéressez que très peu au camp adverse. Pourquoi avoir pris ce parti ?

Les médias entretiennent un état d’esprit que je qualifierais de « pensée micro-trottoir ». On prend un « pour », un « contre », et le problème est réglé ! Faut pas se foutre de la gueule du monde ! Pour ma part, je ne crois pas à l’objectivité. Je préfère choisir mon camp, donner la parole à ceux qui ont combattu. Si d’autres veulent filmer le point de vue des militaires, ils sont libres de le faire. Nous avons entendu la parole de l’ennemi pendant 40 ans. Le Larzac était présenté comme un trou perdu, peuplé d’éleveurs de chèvres et de hippies. Quand on voulait se moquer de quelqu’un, on disait : « T’as qu’à aller élever des chèvres au Larzac ! ». Certaines personnes, abreuvées de ces propos mensongers, ont refusé de voir le film : preuve que le discours étatique s’est largement – et suffisamment – répandu. En réalité, je m’intéressais moins à la lutte elle-même qu’aux gens qui l’ont vécue. Je voulais montrer à quel point le combat influence ceux qui le mènent. Les spectateurs sont parfois étonnés de constater que les paysans du Larzac s’expriment avec tant d’aisance. Mais ils ont parlé pendant dix ans ! Ils ont affronté les autorités, réfléchi collectivement… C’est la meilleure université qui soit.

Tous au Larzac est sorti en salles plusieurs décennies après les événements qu’il relate. Pourtant, il semble étrangement d’actualité…

Les délocalisations et les destructions massives d’emplois ont commencé dans ces années-là. Quand Marie-Rose Guiraud s’écrit : « L’argent, l’argent, ils n’ont que ce mot-là à la bouche ! », on se rend compte que le monde n’a pas beaucoup changé. Les paysans du Larzac ont osé s’opposer à l’Etat, alors qu’à cette époque, seuls les ouvriers avaient ce courage. S’ils ont gagné, alors aucune lutte n’est perdue d’avance ! C’est très encourageant.

Vous êtes-vous battu à leurs côtés dans les années 1970 ?

J’avais vingt ans en 1968, j’étais à la Sorbonne et je faisais partie de cette génération qui ne supportait pas que le mouvement se soit terminé aussi brutalement. La lutte des paysans du Larzac était emblématique et nous les soutenions à 100%. J’habitais en banlieue parisienne, mais je passais mon temps à organiser des meetings, à distribuer des tracts… En réalisant Tous au Larzac, j’ai eu envie de raconter aux jeunes ce qui s’était réellement passé. Mais j’étais également enthousiaste à l’idée de rencontrer ces gens qui m’avaient fait rêver quand j’étais jeune. Je n’ai pas été déçu : ils sont aussi formidables que je l’avais imaginé.

L’affiche du film est parfaitement adaptée au sujet. Qui a eu cette drôle d’idée ?

Plusieurs graphistes ont travaillé sur le projet, mais cette image s’est imposée immédiatement, comme une évidence : un casque à la Full Metal Jacket juché sur la tête d’un mouton rigolard avec un brin d’herbe dans la bouche… Ça donne immédiatement le ton du film : on comprend qu’on ne va pas s’emmerder !


Certains réalisateurs ont-ils influencé votre travail ?


Je ne me suis pas trop posé la question. Il y a des documentaristes que j’apprécie, notamment Nicolas Philibert, mais mes influences se situent plutôt du côté de la fiction. J’adore le cinéma de Renoir, la manière dont il représente le peuple, le monde ouvrier… J’essaie de réaliser mes films comme s’il s’agissait de fictions, je veux qu’on soit embarqué dans une aventure, avec des personnages hauts en couleurs. Je me suis aussi inspiré des westerns pour filmer les paysages.


Avez-vous des projets actuellement ?

Je viens de terminer un film et j’espère qu’il pourra sortir en salles, dans la foulée du Larzac. Il s’appelle Avec Dédé : c’est le portrait d’un musicien breton humaniste qui joue de la bombarde. Ce personnage est tout à fait étonnant !

 

Propos recueillis par Camille Poirier – Avril 2012


DVD édité par Ad Vitam – Sortie le 15 mai 2012.


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