Dans ce western, qui révéla John Wayne au grand public sous les traits de Ringo, un cow-boy au grand coeur, tous les personnages se retrouvent embarqués ensemble dans une diligence qui doit traverser les territoires apaches en pleine guerre contre les Indiens de Geronimo. À bord se côtoient des gens d’horizons divers. Il y a la paire formée par Josiah Boone et Dallas (Claire Trevor), une prostituée. Ils feront route entre Gatewood, le banquier malhonnête, Mrs Mallory, une jeune femme de bonne famille qui cherche à rejoindre son mari officier, Hatfield, un joueur invétéré, et Mr Peacok, placeur en whisky. Toute cette troupe est escortée par le sheriff Curly Wilcox et Buck, le conducteur bon vivant.
Le cinéaste laisse s’exprimer tout son talent de mise en scène dans un film aux plans larges traversés par une cavalerie au galop, accentuant l’immensité du désert et la longueur du trajet que ces drôles de compagnons ont à parcourir. L’esprit « Far West » classique est bien présent, mais Ford lui donne une nouvelle dimension, en exploitant davantage les personnages et les détails de la mise en scène. Les différences entre les neuf compagnons servent le film en ce sens que les personnes d’apparence les plus honorables, ne sont pas forcément les meilleures.
Ainsi Ringo, le cow-boy recherché par le sheriff, révèle-t-il très vite une autre personnalité. De même pour Dallas, prostituée chassée de la ville à cause de sa façon de vivre, qui malgré le rejet qu’elle doit subir de la part des autres personnages, n’hésite pas à leur venir en aide. Une image aussi diversifiée que faire se peut de la société américaine, à bord d’une diligence.
La Chevauchée fantastique réunit donc les ingrédients indispensables à un western : une aventure sur fond de romance, des cow-boys contre des Indiens et un décor unique de l’Amérique sauvage. Une musique complétant le film du début à la fin, le fond sonore donnant un rythme à des plans larges qui sinon pourraient sembler un peu longs. Un scénario bien ficelé, complété par une mise en scène où le souci du détail est très présent, jusque dans la grande course-poursuite finale entre les Indiens et les neufs compagnons d’infortune.