Select Page

DVD « Alamar »

Article écrit par

Très remarqué lors de sa sortie, le premier long métrage de fiction du Mexicain Pedro Gonzalez-Rubio sort en DVD chez Épicentre. Un film peut-être un peu trop parfait…

Joli film, Alamar a aussi la légère mais réelle faiblesse de n’être peut-être que cela : joli. Peu de défauts, en effet, dans cette première œuvre de fiction de Pedro González-Rubio, jusqu’ici signataire de deux documentaires, son argument (les quelques jours partagés par un enfant de cinq ans et son père mexicain, suite au divorce de ce dernier d’avec la mère, vivant en Italie) comme sa qualité visuelle en faisant une expérience des plus agréables. Reste que passé ce constat, il est bien difficile de mesurer les réels enjeux d’une pareille production, dont la foncière honnêteté n’a d’égale que la progressive perte de relief, l’absence notable de consistance dramaturgique. Les trois protagonistes principaux (le père, le fils mais aussi le grand père paternel) s’adonnent un peu plus d’une heure durant aux joies de la pêche dans le cadre d’une somptueuse barrière de corail, sans que ne s’immisce jamais le soupçon d’une éventuelle entrave à cette plénitude, comme à l’abri de tout dehors.

Peut-être est-ce le beau préambule, l’introduction du film, où la mère expose la situation en voix off, images d’archives à l’appui, tout en préparant délicatement l’enfant à ce retour en territoire paternel qui promettait plus d’émotion, un peu plus de « fiction » que le film n’en offrira au final ? Toujours est-il que l’esquive qui s’ensuivra de toute problématique rend au fur et à mesure difficilement perceptible le caractère « exceptionnel » de cette histoire d’hommes. Sinon quelques séquences accordant brièvement une place à une incarnation franche de leur complicité, telle par exemple la bagarre « pour rire », où l’amour se lit dans le défi, le rapport de force amusé entre grand et petit format. A ce moment, Alamar donne enfin à mesurer cette vie commune qu’ils ne peuvent pas / plus avoir. Malgré sa grâce, sa fluidité d’ensemble, le film n’aurait rien perdu à s’attarder davantage sur cet aspect plus brut, moins idéalisé de leur relation.

Bonus

Un beau document d’une vingtaine de minutes, associant les réponses du cinéaste à son public, lors d’une avant-première au MK2 Beaubourg et une interview classique. Y est notamment fait référence à la part autobiographique d’un film valant presque pour lui comme exorcisme, réconciliation avec sa propre histoire. Autre point aidant à mieux contextualiser le film : on y apprend qu’il lui tenait surtout à cœur de le réaliser avec le plus de légèreté, le moins de charge possible (soit lui, ses trois-quatre acteurs, sa caméra vidéo et un ami preneur de son).

Deux séquences coupées

Photographies de tournage

Filmographie du cinéaste

Bande annonce

DVD édité chez Epicentre films


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

Le mari de la femme à barbe

Le mari de la femme à barbe

Le mauvais goût affiché est le révélateur des noirceurs humaines semble nous dire en substance Marco Ferreri dans ce pamphlet sulfureux où il impose une vision d’intense émotion dans la soumission excessive de Maria, la femme à barbe, devenue un phénomène de foire par la cupidité de son dresseur de mari. Un film-évènement en version restaurée 4K.