Le Fumetto (B.D Noire) original s’inspire de Fantômas pour créer un personnage sans vergogne lorsqu’il s’agit de s’emparer des richesses les plus convoitées. Le succès public de ces aventures va faire des émules, inspirant d’autres auteurs de romans graphiques, et évidemment apparaître comme une opportunité adaptation ciné à saisir pour toucher le jackpot au box-office . Une première iudée est lancée, avec Jean Sorel dans le rôle principal, mais elle s’arrête en chemin. De Laurentis reprend son projet initial et le confie alors à Mario Bava.
Dans sa combinaison noire en latex, le corps longiligne de John Philipp Law semble tout droit sorti d’un club interlope, d’autant plus que sa compagne (Marisa Mell), aux tenues courtes et savamment découpées n’est pas en reste pour les chorégraphies érotiques : dans une mer de billets de banques, cabines de douche à moitié transparente… Un couple à la James Bond, diaboliquement plus sexy et surtout plus excité par l’appât du gain et l’envie de ridiculiser ses adversaires. Comme pour notre bon vieux Fantômas des familles il va se jouer de la police, de la presse et de la pègre organisée. Autre trait d’humour du même ordre, le grotesque savoureux des dindons de la farce : Terry-Thomas (Big Moustache dans la grande vadrouille et oncle Archie dans Amicalement votre). Des James Bond Stories, on retrouve les décors aquatiques, les grottes improbables, les explosions à tout va. Avec sa prestance habituelle, son ambiguïté nuancée, Michel Picolli empêche que le film balance dans la satire, et permet de laisser en permanence planer une inquiétude dramatique.

Le scénario n’est qu’un prétexte cousu sur mesure pour multiplier les scènes de poursuite, de défis, d’explosion… Autant d’occasions que Bava va transformer en terrains de jeu, d’expérimentation de mise en scène. Jouant des volumes – exacerbant les angles de prise de vue – des reflets, des objets, des sons, et plus encore de la colorimétrie kitsch. Le bleu, le rouge et surtout le jaune incandescent. Beauté aveuglante et captivante d’une photographie majoritairement, et, étonnamment, diurne, pour cet habituel maître de l’épouvante gothique. La patte visuelle de Bava se retrouve cependant dans certaines scènes de menace ou d’infiltration nocturnes en terrain ennemi. La musique d’Ennio Morricone surprend également par rapport à ses standards habituels.
Film de commande à l’origine qui se transforme en lâcher-prise jubilatoire. Sous-évalué à sa sortie, culte ou surévalué aujourd’hui, nul doute qu’aucun spectateur ne peut rester indifférent à ce type de spectacle.
Danger : Diabolik ! (Sortie Combo 4 K UHD + Livret chez Sidonis Calysta)





