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Black Sheep

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Black sheep est le genre de film comme on n’en voit plus. N’ayant que faire du bon goût et du comique qui ne tâche pas, ce premier film néo-zélandais de Jonathan King est une insulte à toutes les comédies propres sur elles et un hommage aux films d’horreur déglingués des années quatre-vingt. Sans oublier le […]

Black sheep est le genre de film comme on n’en voit plus. N’ayant que faire du bon goût et du comique qui ne tâche pas, ce premier film néo-zélandais de Jonathan King est une insulte à toutes les comédies propres sur elles et un hommage aux films d’horreur déglingués des années quatre-vingt. Sans oublier le descendant direct des premiers délires de Peter Jackson que sont Bad Taste et Brain dead.

Suivant l’adage « le ridicule ne tue pas », le réalisateur se permet toutes les outrances scénaristiques pour offrir au spectateur un spectacle grandguignolesque qui restera dans les annales. Rien que le pitch est une histoire drôle à lui tout seul : le mouton, ce si gentil et inoffensif animal, à la suite d’expériences génétiques, devient un monstre incontrôlable. Devinez la suite.

Ayant pour cadre les paysages magnifiques de la Nouvelle-Zélande, pâtures, forêts et tutti quanti, Jonathan King espère compenser avec la violence et la brutalité peu communes qui animent ses moutons. Utilisant les ficelles du film rural avec sa cohorte de personnages ancrés dans leur quotidien, le petit frère peureux, l’aîné, propriétaire bête et arriviste, le vieux pote paysan et son couple d’écolos un poil caricaturaux, le réalisateur installe son théâtre du grand n’importe quoi.

Car il faut bien remonter à Evil Dead 2 de Sam Raimi ou à Brain dead pour retrouver cette folie qui anime chaque séquence horrifique. Si vous avez pris plaisir à voir Ash (héros de la série des Evil Dead) se battre avec sa main possédée ou le massacre final à la tondeuse à gazon de Brain Dead, alors Black sheep est pour vous. Ne doutant pas de l’intelligence du spectateur à prendre du recul sur cette œuvre hautement déconnante, King ne recule devant aucun excès et va jusqu’au bout de son histoire totalement imprévisible. En effet qui pourrait imaginer l’accouplement d’un mouton et d’un homme ou un sexe mutant arraché par un parterre de moutons carnivores.

Le film surprend d’autant plus que le rythme, de par son format assez court, une heure vingt, est soutenu. Pas le temps de se dire que cette scène est dingue, une autre arrivant tout de suite après et enchaînant sur une troisième. Fourmillant ainsi de trouvailles sur les situations de panique des humains, les deux héros plongent dans un trou à déchet remplis de fœtus mutants avortés, et sur les possibles mutations des bébêtes, les scènes dans le labo renvoient directement à Re-Animator de Stuart Gordon avec sa Dita Von Teese de la génétique, et s’appuyant sur une réalisation carrée et efficace, ce film est un idéal de bobine décérébrée et intelligente.

Bref, Black Sheep appartient à cette espèce rare qui convainc de la croyance de son réalisateur au genre horrifique-n’importe nawak avec un sérieux assumé.


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