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48 heures par jour

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Sur le thème inusable de la guerre des sexes, une comédie de plus et de moins, éveillant surtout l’inquiétude concernant l’état actuel d’une potentielle « comédie française »…

L’Homme, la Femme, toute une histoire. Il paraîtrait qu’ils ne pourraient se passer l’un de l’autre, mais également, vieille rumeur, qu’ils seraient naturellement inaptes à une entente définitive… Ce darwinisme vulgarisé donna lieu à de la haute littérature (de Marivaux à Breillat…) comme à du grand cinéma (de Renoir à Breillat…). Ne restait plus que cet étrange anachronisme qu’est aujourd’hui la sortie de 48 heures par jour pour courber ou actualiser hypothèses et clichés.

Que l’Homme soit né macho, qu’il trouve normal de confier l’éducation des enfants à la Femme, pendant que lui gravit les marches d’une décisive ascension professionnelle… bon… Que la Femme, agacée, ressente le besoin de faire vivre à ce diable d’Homme la réalité de son quotidien… soit… Mais que ce drame originel (le film débute par une scène représentant le couple star à l’ère de Cro Magnon… vous avez dit « démonstration »?) soit offert sous l’esthétique d’un lointain boulevard du début des années 90, avec collègues beaufs assénant à l’envie les pires blagues misogynes, solidarités féminines tendance « à cause des garçons »… y a comme un hic.

Toute la sympathie du monde pour des comédiens tels qu’ Antoine de Caunes ou Aure Atika ne suffira pas, hélas, à racheter le manque absolu de nuance, de finesse, de personnalité de ce qui est, certes, un « premier film ». Chaque réplique laisse pantois par sa consternante facilité, et très vite, il apparaît que ce qui semblait être une idée de scénario (piège et défi dans un couple, l’amour en danger…) n’est au fond que le prétexte à l’alignement du pire de ce qu’il serait difficile de définir autrement que sous le terme réducteur de « comédie française ».

Il faudrait interroger plus en profondeur ce concept de « comédie française », comme d’ailleurs celui de « comédie américaine », « italienne », voire « africaine »… Il y aurait donc un rire spécifique à un certain pays, un certain continent. Mais alors, pourquoi, grisés par la réflexion, ne pas questionner la rareté, sinon l’inexistence d’un « drame français », « américain »… à peine est-il parfois question de « polar hongkongais »… Il y aurait dans le rire une plus grande propension à la localisation que dans le drame… un humour spécifiquement new-yorkais ou gaulois… Certes…

Reste à savoir pour quelle raison le rire hollywoodien est depuis toujours plus exportable, plus « universel » que le français. Pourquoi True Lies amuse davantage que La Totale… Pourquoi la greffe des Visiteurs prit aussi mal en langue anglaise… Toujours est-il que le film qui nous intéresse aujourd’hui, 48 heures par jour, bien que son aspiration soit sans aucun doute de flirter avec le charme et la fraîcheur de la bluette américaine, pointe surtout la piètre santé du genre à l’échelle nationale… son inactualité. A tout prendre, les grimaces des ch’tis et déhanchés claudicants de Dubosc et ses amis font un peu figure de (plus ou moins) plaisants caches-misère. En espérant le retour prochain d’un Chabat, dont Didier et Astérix apparaissent encore comme les sommets d’une certaine folie comique hexagonale.

Titre original : 48 heures par jour

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Durée : 89 mn


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