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28 semaines plus tard

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Danny Boyle avait bluffé son monde avec le terrifiant 28 jours plus tard, décalque intelligent et énervé des films de zombies, où un virus transformait les humains en monstres assoiffés de sang. Epuré, radical, parvenant même à renouveler le genre, qui est pourtant limité en soi, le film de Boyle est vite devenu un classique. […]

Danny Boyle avait bluffé son monde avec le terrifiant 28 jours plus tard, décalque intelligent et énervé des films de zombies, où un virus transformait les humains en monstres assoiffés de sang. Epuré, radical, parvenant même à renouveler le genre, qui est pourtant limité en soi, le film de Boyle est vite devenu un classique. On ne pourra pas en dire autant de son successeur.

Passant au poste de producteur exécutif, Danny Boyle, avec ses comparses Alex Garland et Andrew Macdonald, ont donné les rênes de leur nouveau projet à l’espagnol Juan Carlos Fresnadillo, réalisateur du surestimé Intacto, espérant ainsi qu’un réalisateur non british pourrait donner une nouvelle vision de Londres. Et par là même se démarquer de son modèle.

L’échec de 28 semaines plus tard est principalement à mettre sur le dos de son statut de séquelle plus que sur le manque de talent de Fresnadillo. Dès la scène d’ouverture, hommage à peine caché à La nuit des morts vivants de Romero, il installe avec virulence le climat de contagion et la violence avec laquelle il se propage. Plans rapprochés, caméra tressautante, bande son étouffante jusqu’au moment de la première attaque. Le ton du premier film est donc respecté, tant pour l’aspect ignoble des contaminés que dans la façon de les filmer. Et si l’on peut être satisfait de cette mise en bouche, on sent que l’effet de surprise n’est plus là.

L’impact du film de Boyle venait de son traitement des contaminés, sortes de zombies ultra vitaminés à mille lieux des morts vivants lents et apathiques que l’on avait pu voir jusqu’à maintenant. S’appuyant sur cette même caméra épileptique que dans 28 semaines plus tard, il parvint à retranscrire la violence du virus de manière si brutale et si intime qu’il était difficile de ne pas ressortir de la projection les mains moites. Sans oublier que le faible budget du film favorisa son aspect documentaire un peu crade, l’utilisation de la DV ayant été le point d’orgue du cauchemar de Boyle.

Comment faire pour donner à sa suite une tonalité autre, un traitement si ce n’est pas original du moins différent ? A cette question, Fresnadillo ne semble pas avoir trouvé la réponse. Il a beau enchaîner les séquences de contamination, toujours aussi barbares et sanguinolentes, la sauce ne prend pas. Là où l’original surprenait constamment le spectateur, on ne sait jamais d’où les contaminés arrivent, et les survivants sont la plupart du temps seuls, cette séquelle ne fait que reprendre les mêmes fils pour les diluer dans une surenchère inutile et stupide. Pire, le film devient agaçant lorsque les mêmes gimmicks, ralentis sur les monstres, musique tonitruante à chacune de leurs arrivées, sont utilisés de manière récurrente. A se demander si Boyle n’a pas demandé à Fresnadillo de faire un copier/coller de son oeuvre. On vous laissera la surprise quant au plan final, très drôle dans son expectative.

Si 28 semaines plus tard n’est pas une purge totale, indépendamment de son modèle il peut parvenir à faire illusion, son manque d’originalité le fait tomber au rang d’une série B de luxe sans âme.

Titre original : 28 Weeks Later

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Durée : 91 mn


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