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10 jours en or

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Frank Dubosc dans une niaiserie.

Frank Dubosc ne se satisfaisant apparemment plus de n’être que Frank Dubosc fait (faire) un film pour avoir l’air d’être un peu plus. Entreprise d’anoblissement téléguidée, 10 jours en or voudrait transformer le comique un peu lourd en personnage d’une complexité plus affirmée. Pour cela, les scénaristes et réalisateur ne vont pas chercher bien loin. Ils farfouillent dans l’air du temps pour y prélever quelques motifs superficiels. Ils y piochent un gamin sans papiers à coller dans les pattes de leur héros, ainsi qu’une odyssée à quatre mâtinée de retour aux valeurs de la vraie vie. Se débarrassant honteusement d’une mère célibataire, ils utilisent son petit garçon comme faire-valoir auprès d’un Dubosc qui semble alors se découvrir des préoccupations humanistes bon marché.

Voici donc l’histoire de Marc Bajau. Marc Bajau est un peu comme Frank Dubosc (c’est d’ailleurs lui qui l’interprète). Il aime bien faire le beau. C’est même un incorrigible séducteur, dit le film. Représentant pour une marque de sous-vêtements masculins, il profite de ses fréquents déplacements pour faire des rencontres d’un soir, faisant passer les nuits d’hôtel en notes de frais. Mais le vilain est puni lorsqu’une de ses conquêtes – une jeune femme sans papiers à qui il aura auparavant permis d’échapper à la police en la planquant dans les toilettes pour hommes d’une grande surface – lui abandonne un peu inexplicablement son fils pour aller tenter en solitaire le passage pour l’Angleterre. Avec pour mission de le conduire jusqu’à un certain « père ». L’enjeu ? Gratter pour faire apparaître sous la chemise du dit Marc un cœur, mais oui, un cœur en or même.

Pour rendre Dubosc sympa, le film tente de le montrer proche de personnages en difficulté, à la limite de la marginalité. Sa traversée de la France voit donc se joindre à l’improbable duo qu’il forme avec le petit Lucas une jeune chômeuse partie faire la route ainsi qu’un retraité solitaire, excentrique et sans le sou (Claude Rich). Leur virée semble trouver son point d’orgue lorsqu’ils arrivent dans une ferme. Ils y retrouveront à la fois, le temps d’une soirée, le goût des valeurs (le partage, la solidarité…) et des choses simples (décorer sa voiture, fêter un anniversaire…) avant de repartir d’un bon pied dans la vie. Marc s’en trouvera doublement transformé, devenant pour chacun des trois autres personnages une sorte de père aux bons conseils tout en s’engageant lui-même sur la voie d’une sorte de rédemption. Rien de mieux pour combattre la crise, auquel lui-même se trouve confronté via les menaces de son supérieur. Cette promesse d’un Dubosc plus consistant teintée de populisme béat exaspère très vite par sa fausse naïveté ainsi que sa manière également très présente dans une partie du cinéma français contemporain de fantasmer la pauvreté : mal dégrossie, rimant aussi souvent qu’indistinctement avec sans-papiers, Nord-Pas-de-Calais, campagne, mère célibataire… Mais également nouvelle source où retrouver les « valeurs » perdues, passage obligé vers un retour à la raison inscrit dans une représentation binaire et simpliste.

Titre original : 10 jours en or

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Durée : 105 mn


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