Maurice Pialat

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Ode au plus écorché des cinéastes français.

Treize ans après sa disparition, la marque de Maurice Pialat reste indélébile. De la même génération que les icônes de la Nouvelle Vague, il n’a pourtant jamais eu la possibilité de faire ses preuves au même moment, ce qui l’a longtemps frustré dans ses aspirations artistiques. Cette nature d’écorché vif se ressentira grandement dans l’authenticité, dans les émotions brutales, intenses et passionnées dégagées par ses films. Chez Pialat, chaque instant de vie capturé est une expérience aux soubresauts imprévisibles où le quotidien se dévoile sous l’angle le plus cru. Crise d’adolescence dans À nos amours (1983), crise de couple dans Nous ne vieillirons pas ensemble (1972) ou crise de foi dans Sous le soleil de Satan (1987), Pialat éprouve le spectateur avec une puissance rare. Le réalisateur allie une approche inconfortable qui bouscule – La Gueule ouverte (1974) et son sujet mortifère – mais d’où peut surgir un romanesque inattendu – les superbes Loulou (1980) et Police (1985) et la plus belle expression de la dévotion à son art, Van Gogh (1991).

Bonne lecture avant un prochain Coin du cinéphile consacré à la « Qualité française » des années 1950.


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