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Le Néoréalisme italien

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D´un désespoir économique naquit une révolution cinématographique.

Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, l’Italie est une nation brisée, économiquement comme moralement. Le cinéma italien aura été durant le règne de Mussolini l’instrument du culte de sa grandeur et de l’idéologie fasciste à travers des productions luxueuses destinées à concurrencer Hollywood. Appelée « cinéma des téléphones blanc », cette forme n’a plus lieu d’être une fois le dictateur déchu. Des cinéastes autrefois étouffés trouvent au contraire dans la misère ambiante et le dénuement, matière à exprimer leur opinion politique et vision de la société.

Du manque de moyens associé aux personnalités fortes des réalisateurs émergeants naquit donc le néoréalisme où le cadre permettait des récits contemporains et universels à la fois, politisés et humanistes. Même si le radicalisme de certains de ses chantres l’enfermera et causera son déclin, c’est une véritable révolution en marche, aux répercussions immenses notamment sur la Nouvelle Vague française qui s’en inspirera en partie pour ses méthodes de tournage.

Pour ce Coin du cinéphile, les grands maîtres du genre seront convoqués à travers les classiques que sont Le Voleur de bicyclette de Vittorio De Sica ainsi que Allemagne année zéro et Rome, ville ouverte de Roberto Rossellini. Les chefs-d’œuvre précurseurs et plus tardifs du genre seront également traités avec le poignant Umberto D, le célèbre Riz amer de Giuseppe De Santis et Les Amants diaboliques de Luchino Visconti.

Bonne lecture avant un prochain Coin du cinéphile où il sera question du postmodernisme, notion bien antérieure à Tarantino comme nous aurons l’occasion de le voir.


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