Select Page

L’Art du biopic

Article écrit par

Non, le biopic n’est pas que prétexte de performances à Oscars d’acteurs clonés…

S’il y a bien un genre qui n’a jamais décliné tout au long de l’histoire du cinéma, c’est bien le biopic. Par sa capacité à se fondre dans tous types de films (historique, policier, drame), le biopic offre des possibilités étendues qui en font un genre privilégié par les grosses productions voulant attirer le public par l’usage d’une figure connue. Le biopic est également supposé offrir aux cinéastes des options malléables, tant dans leur narration que leur mise en scène, pour mettre en scène de la manière la plus satisfaisante possible la personnalité du personnage filmée. C’est pourtant tout l’inverse qui se produit le plus souvent et surtout ces dernières années, qui ont vu le biopic se codifier à travers des films (pas mauvais au demeurant mais terriblement prévisibles) comme Walk the line ou Ray. Le schéma est trop attendu (ascension, chute et rédemption à travers la résolution d’un « trauma » parfois bien artificiel) et donne finalement une forme de mimétisme aux antipodes les unes des autres.

Ce qui fait finalement un biopic réussi, ce n’est pas la fidélité aux événements mais surtout le regard du cinéaste sur eux. Avec un réel point de vue, qu’importe la linéarité et la fidélité, l’important est d’imprégner la pellicule de l’esprit du personnage adapté, quitte à déformer la réalité des faits. Cela, heureusement, plusieurs œuvres l’ont compris, dont certaines sont présentes dans notre sélection pour ce Coin du cinéphile. Le beau classicisme romanesque de Song of Love répond au kaléidoscope de I’m Not There. Le statisme dépressif et blafard de Control est contrebalancé par une vision d’artiste autrement plus tourbillonnante avec Isadora. Les provocations du Man on the Moon se trouvent apaisées par le recueillement du Chant de Bernadette. Enfin, les personnalités complexes de Van Gogh et Ali se voient transcendées par des cinéastes au sommet de leur art.

Bonne lecture avant un prochain Coin du cinéphile consacré au cinéma roumain !


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

Cycle rétrospectif Detlef Sierck (alias Douglas Sirk) période allemande

Cycle rétrospectif Detlef Sierck (alias Douglas Sirk) période allemande

Au cœur des mélodrames de la période allemande de Douglas Sirk, ses protagonistes sont révélés par les artefacts d’une mise en scène où l’extravagance du kitsch le dispute avec le naturalisme du décor. Mais toujours pour porter la passion des sentiments exacerbés à son point culminant. Ces prémices flamboyants renvoient sans ambiguïté à sa période hollywoodienne qui est la consécration d’une œuvre filmique inégalée. Coup de projecteur sur le premier et dernier opus de cette période allemande.

La mort d’un bureaucrate

La mort d’un bureaucrate

« La mort d’un bureaucrate » est une tragi-comédie menée “à tombeau ouvert” et surtout une farce à l’ironie macabre déjantée qui combine un sens inné de l’absurde institutionnel avec une critique radicale du régime post-révolutionnaire cubain dans un éloge
bunuelien de la folie. Férocement subversif en version restaurée…