Select Page

Epic : La Bataille du royaume secret

Article écrit par

Un film d’aventures sympathique et efficace.

C’est l’histoire de Mary Katherine, une ado dont le père est persuadé qu’un monde miniature peuple la forêt qui jouxte son domicile. Affabulations d’un homme-enfant ayant perdu le sens des réalités et des responsabilités, pense-t-elle. Jusqu’au jour où elle se retrouve propulsée dans ce monde nouveau, devenant la pierre angulaire d’une guerre entre le Bien et le Mal, une guerre pour la survie de la forêt.

Cette lutte pour le contrôle de la forêt met aux prises les hommes-feuilles aux forces du Mal. Les premiers sont d’élégants hommes miniatures drapés d’armures de feuilles, guerriers adroits chevauchant avec élégance de fiers piverts, aventuriers intelligents et entièrement dévoués à leur reine. Les seconds qui vivent pour la destruction, traquant la moindre verdure dans le but de l’éradiquer, menés par un redoutable chef de guerre enfoui sous sa peau de rat. Le film joue sur le contraste entre les couleurs merveilleuses du monde de la forêt et l’obscurité repoussante de l’armée des ombres. La vie contre la mort, le Bien contre le Mal. Une réalisation inventive se met au service de cette vision manichéenne.
 

Epic est avant tout un film d’aventures sympathique et efficace. Original par son carcan narratif, moins dans le déroulé de son récit. La guerre qui se joue entre le Bien et le Mal est courue d’avance, les périples que traversent les héros jusqu’au dénouement final, assez prévisibles. Mais le rythme se révèle soutenu, les temps faibles prennent une place minimale pour laisser la part belle à l’action.

Les personnages restent traités de manière superficielle, mais forment une palette variée et sont décrits avec suffisamment d’humour pour devenir attachants (même les méchants). Il y a notre héroïne, Marie Katherine, cœur innocent dont le destin était écrit. Parmi les hommes-feuilles qui l’accompagnent, Ronin est un noble guerrier courageux et au-dessus de tout soupçon. Et Nod, un jeune homme-feuille au sens des responsabilités quelque peu léger, mais débrouillard et plein de vie. Les personnages secondaires sont également réussis : le père de Marie Katherine est un aventurier hors du coup croit-on, mais qui aura lui aussi sa partition à jouer. Citons également l’escargot et la limace accompagnant notre trio dans leur combat contre le Mal : ils apportent une touche d’humour qui fait souvent mouche. Les liens entre ces personnages, s’ils n’ont rien d’original, permettent d’ancrer le récit dans une réalité qui donne du sens. L’occasion d’aborder des thèmes comme la filiation, la transmission de valeur, le courage, le respect des traditions, et l’amour bien évidemment.

 

Bref, Epic est plutôt réussi. Dans la même veine que L’Âge de glace (2001, 2005, 2009 et 2012) – une animation elle aussi réalisée par Chris Wedge -, par exemple. Mais on aurait peut-être aimé, rêvé, que le film ouvre d’avantage les champs de notre imaginaire. On aurait aimé que Epic laisse encore plus de place au fantastique et ne dévoile pas ses secrets aussi vite. Il manque probablement, dans le monde miniature du royaume secret, un peu de merveilleux et d’inconnu. La foi religieuse, tout comme la superstition, reposent sur la croyance en un monde parallèle, régi par des règles qui échappent à notre raison, peuplé par des forces inconnues et mystérieuses, qu’elles soient l’incarnation du Bien ou du Mal. Un monde qu’on peut toucher du doigt, deviner, interpréter, mais auquel on n’accède jamais vraiment. En découvrir les secrets reste définitivement de l’ordre du songe, de l’irréel et du magique.

Titre original : Epic

Réalisateur :

Acteurs : , , , , ,

Année :

Genre :

Durée : 104 mn


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

Le photographe

Le photographe

Ritesh Bafa nous livre ici un quatrième long métrage dans la lignée de sa production indienne précédente sans se répéter pour autant.

La Victime

La Victime

« La victime » tient une place et un statut à part dans la cinématographie britannique. L’ oeuvre dénonce l’hystérie
paranoïaque d’une « chasse aux sorcières » menée à l’encontre de la communauté homosexuelle. Le film favorisa la jurisprudence en faveur d’un amendement voté en 1967 dépénalisant l’homosexualité.