Du rouge pour un truand, pour la première fois en BLU RAY, chez Carlotta.

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Au cours de La Grande Dépression, une femme est confrontée à la violence d’une société sans foi ni lois.

Si le titre français, accrocheur,  nous dirige vers un vers film de genre dans la grande tradition hollywoodienne -ce qui n’est pas totalement trompeur dans la conduite du récit-, le titre original, The Lady in Red, met l’accent sur la belle singularité d’une œuvre trop méconnue. En effet, bien plus que la couleur de sa robe fétiche, le rouge dont il est question est celui du fer qui manque d’une façon indélébile le destin d’une femme dans une Amérique à la violence totalement désinhibée. Maltraitée par son père,  Polly Franklin (Pamela Sue Martin) fuit la misère de son aride province pour la clinquante Chicago des années trente. D’abord couturière, elle est ensuite engagée comme taxi girl dans un dancing où  elle va rapidement monnayer plus explicitement ses charmes, avant de se retrouver sous les barreaux, pour ne devoir sa libéralisation qu’à son engagement dans une maison close. Un parcours effroyablement commun à la couleur rouge sang. Le sang de sa défloraison par un journaliste peu scrupuleux, celui des bagarres dans l’atelier de couture et de la maison d’arrêt, et pour finir celui associé à sa vie de malfrat.

Le paradigme actuel nous conduit irrémédiablement vers une lecture féministe des intentions des deux auteurs, Lewis Teague et John Sayles , qui n’ont pas hésité à adopter le point de vue de son héroïne, une optique peu commune dans ce type de récit. Soit, mais le véritable point fort de ce portait humain et social réside dans son réalisme cru, mélange putride de sueur et de crasse. Exit le glamour : les visages transpirent, les chairs s’exhibent sans complexes. L’humanité n’est guère reluisante. Côté masculin,  chef du personnel pervers, journaliste corrompu, gangster vérolé, flic concupiscent, autant de figures cyniques cherchant à dissimuler leur lâcheté, et, si les femmes sont  le plus souvent des victimes de ce désordre social, certaines d’entre-elles usent des mêmes méthodes pour arriver à leur fin. La romance entre Polly et Dillinger (Robert Conrad) vient apporter une touche de douceur dans ce monde de brutes, un intermède sous forme de clin d’œil au cinéma hollywoodien, les deux tourtereaux fréquentant assidument les salles obscures.

Malgré un budget réduit, la reconstitution d’époque ne peut souffrir d’aucun complexe face à un modèle que peut être Bonnie et Clyde (Arthur Penn, 1967). Les scènes d’action, sèches et sans maniérisme, sont à l’image d’une mise en scène totalement guidée par un souci d’efficacité. Pamela Sue Martin est plus que convaincante pour incarner cette femme déterminée, Robert Conrad  se trouve débarrassé du second degré qui a fait son succès sur petit écran,  dans Les mystères de l’ouest puis Les têtes brulés. À leurs côtés, on retrouve avec beaucoup de plaisir  Robert Forster (qui accompagnera Lewis Teague dans Alligator), Christopher Lloyd, et surtout Louise Fletcher -l’inoubliable infirmière de Vol au-dessus d’un nid de coucou. Sans forcement être aussi emphatique qu’un Quentin Tarantino, qui en fait l’une de ses références absolues, on peut, sans rougir, déclarer que  The Lady in Red s’impose comme un film d’exploitation de très bonne facture.

Du rouge pour un truand, Carlotta, sortie le 16 mai 2023.

Titre original : The Lady in Red

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Durée : 93 mn


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