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Where Love Lives

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« Ne cherche pas à être validé par les autres, par l’extérieur. Sois ta propre validation, accepte-toi tel que tu es. Trouve ta tribu, ta famille, ta famille de coeur qui sait t’aimer de manière inconditionnelle. » Billy Porter

Explosion de paillettes, musique disco et danse voilà comment on pourrait résumer à première vue les soirées Glitterbox. Ces événements créés par Simon Dunmore, le patron du label britannique Defected. Mais les soirées Glitterbox tout comme celles qui les ont précédées, c’est avant tout la libération. Des endroits où, à la tombée du jour, les âmes en mal d’amour viennent se réunir, se retrouver, s’aimer. Parce que dans Where Love Lives, c’est bien d’amour dont il s’agit : l’amour pour la musique évidemment, pour la danse aussi, mais surtout l’amour des autres et puis de soi-même. Durant la petite heure que dure le documentaire de Brilliams, plongeons avec bienveillance là où vit l’amour : le cœur.

Quête de soi, des autres et cuissardes à plateformes

C’est sur fond de dance musique, en pleine effervescence de ces soirées pleines de paillettes que l’on rencontre TeTe Bang, The Mx Fit ou encore Lucy Fizz, les danseur.se.s en tête d’affiche. Le documentaire a comme fil rouge leurs portraits, les croisant avec les interventions d’autres créatures de la nuit. On fait ainsi la connaissance de ces humains qui, par manque d’acceptation de leur entourage, sont allés chercher une nouvelle famille dans les grands clubs des capitales anglophones. Celle du cœur. Avec pudeur il.elle.s évoqueront le « courant ascendant » qui les a repoussé.e.s en dehors, ces gens jamais nommés qui par leur rejet ne leur ont souvent laissé que peu d’alternatives. Il est frappant de voir comme leurs histoires, bien que différentes, répètent toujours et encore le même schéma. Les personnes LGBTQI+, et a fortiori quand il.elle.s sont racisé.e.s, se heurtent bien plus que les autres au désespoir. De témoignage en témoignage on entend défiler la haine de soi comme réponse à l’impossibilité de trouver sa place, la dépression, les envies suicidaires voire les tentatives d’attenter à sa propre vie. Mais malgré cela certain.e.s sont encore là pour en parler, en vie, et il.elle.s remercient les clubs d’avoir un jour été sur leur route pour leur offrir une vie différente. On ne sait pas si l’amour ne vit que sur les pistes de danse mais il est certain qu’en dehors la vie n’est pas tendre avec tou.te.s.

Révoltes, clubs et le chemin vers l’amour

À l’heure du constat dramatique du manque de représentation des minorités, et ce particulièrement dans le cinéma, il semblait impératif dans un documentaire comme celui-ci de ne pas reproduire cette habitude d’exclusion. Parce que parfois, même doté des meilleures intentions, on a déjà vu de précédents documentaires ignorer certaines lettres du sigle LGBTQI+. Fort heureusement dans Where Love Lives ce n’est pas le cas, et on pourrait se satisfaire rien que de ça. Brilliams donne pour son premier documentaire la parole à ces artisan.e.s qui ont façonné le monde de la nuit. La communauté trans et gay noire américaine est ainsi mise en avant, de même que la communauté américano hispanique. On retrace grâce à elles brièvement l’histoire des premiers clubs et leurs répercussions sur la communauté LGBTQI+, leurs histoires étant si indissociables qu’elles n’en forment plus qu’une seule. Les clubs ayant connu leur immense succès grâce à la communauté, qui en retour a trouvé dans les clubs un véritable foyer.

C’est cela au final, qu’il adviendrait de retenir, que si le monde de la nuit est considéré par  d’aucun.e comme une sortie agréable, il est aussi le sauveur d’autres. Que ces endroits sont les seuls à montrer, à glorifier la différence. Vous ouvrant leurs bras puis leur cœur peu importe d’où vous veniez et qui que vous soyez. Si la journée on pouvait offrir la même bienveillance que l’on trouve dans ces boîtes la nuit, alors sûrement que le monde irait un peu moins mal. Car ces créatures fantasques qui nous font rêver à coups de tenues toujours plus grandioses et de pas de danse incroyables sont avant tout des humains dotés d’une résilience comme on en voit peu. Il serait alors peut-être tant que l’amour vive de nuit, comme de jour. 

❝ Quelle chance avons-nous ? Nous nous créons nous-même ❞

Film à retrouver sur la plateforme Youtube à partir du 18 mars. Accès direct ici.

Titre original : Where Love Lives

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Durée : 55 mn


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