The Incredible Shrinking Man

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Quand cinéma d´aventures, fantastique et philosophique se réunissent, ça donne L´Homme qui rétrécit. Le thème, c´est le danger du nucléaire, du radioactif et de ses conséquences. C´est ainsi que notre pauvre héros va, malgré lui, subir la contamination d´un nuage radioactif et voir sa taille diminuer au fil du temps, au point d´approcher le microscopique […]

Quand cinéma d´aventures, fantastique et philosophique se réunissent, ça donne L´Homme qui rétrécit.

Le thème, c´est le danger du nucléaire, du radioactif et de ses conséquences. C´est ainsi que notre pauvre héros va, malgré lui, subir la contamination d´un nuage radioactif et voir sa taille diminuer au fil du temps, au point d´approcher le microscopique et de changer d´univers. Tout ce qu´il entourait et qui semblait sans danger pour ne pas dire futile devient une véritable menace de mort : un chat, une araignée, une fuite d´eau qui devient une inondation, un écart entre deux planches… autant d´éléments qui viennent poser problème à la survie de ce héros pas plus haut que trois pommes.

Il est impossible de ne pas faire le parallèle entre le film et La Métamorphose de Kafka dans cette histoire d´un homme simple, banal (un publicitaire au chômage), qui voit son univers totalement modifié sans qu´il puisse réagir, une métamorphose de son corps qui le plonge non seulement dans la dépression mais aussi dans une certaine dépendance de son entourage s´il veut survivre. En suivant les péripéties de ce pauvre gars, on pense immanquablement à Gregor Samsa et sa remise en question quant à sa place dans l´univers.
Comme Kafka brisait le style fantastique avec sa phrase << Ce n´était pas un rêve >>, Jack Arnold étouffe aussi les ambitions d´aventures extraordinaires par une voix-off qui, d´une part, annonce la survie du personnage principal, d´autre part diminue l´impact des situations sans pour autant en supprimer la tension. L´ambition d´Arnold, ce n´est donc pas de faire un film spectacle dénué d´intérêt ; ce serait plutôt de se questionner fondamentalement sur les dangers du nucléaire (nous sommes en pleine Guerre Froide) et la position de l´homme dans son monde, son évolution et le tracé qu´il fait lui-même de son destin…

Bien sûr, l´aspect fort du film, c´est-à-dire ses effets spéciaux, n´a pas été négligé loin de là : il restera toujours surprenant de voir que ce sont les vieux effets qui marchent le mieux et durent le plus longtemps. Ici, tout est de la manipulation : rétro-projections, maquettes, animatroniques, que du fait main pour ainsi dire. Et le pire, c´est qu´on y croit ! Bon, évidemment, les effets commencent à dater au bout de 50 ans, mais on a vu bien pire dans le domaine, et en plus récent encore.

Seul bémol du film, les acteurs, pas toujours très convaincants, même si Grant Williams parvient plus d´une fois à partager ses doutes et ses peurs. De toute façon, l´aspect général du film, fond comme forme, efface rapidement les défauts, bien présents mais mineurs il est vrai, de quelques acteurs qui n´ont pas leur place là.

Un de ces bijoux méconnus du cinéma, pourtant magnifique fusion du cinéma d´action et de réflexion, où le final nous emmène plus loin que notre condition de spectateur : il ouvre une réflexion sur notre condition d´être humain.

Titre original : The Incredible Shrinking Man

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Durée : 86 mn


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