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Streamfield les carnets noirs

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Il y avait matière pour un scenario puissant sur notre époque. Au lieu de cela, Jean-Luc Miesch nous propose un film pesant, fastidieux et pour tout dire navrant.

Streamfield est un film à éviter. On a beau chercher un argument en sa faveur, c’est peine perdue, un effort qui n’aura, de toute façon, pas de récompense. « Notre film, c’est du cinéma », affirme le réalisateur Jean-Luc Miesch à propos de son œuvre dernière, Streamfield, Les carnets noirs ! Nous sommes au regret d’affirmer qu’il s’agit là d’une insulte au septième art tant le visionnage de ce film médiocre, soporifique, en un mot accablant, s’avère douloureux.

Farci d’anciennes vedettes de la télévision, Streamfied est une fiction sur l’affaire Clearstream qui a défrayé la chronique en France ces deux dernières années. Intrigue politico-judiciaire complexe mettant en jeu des personnalités politiques de premier plan, aux ramifications innombrables, cette affaire déconcerte les plus éminents observateurs de la vie politique française ainsi que les spécialistes de l’espionnage le plus raffiné, et d’elle, émane, il faut bien le dire, des relents nauséeux de règlements de comptes au sein même de l’Etat, de corruption à grande échelle, d’affairisme, de pièges tendus entre les loups eux-mêmes…Bref un parfum de décadence.

Pour relater, même sous des pseudonymes grossiers, une telle histoire il fallait viser haut, prendre l’affaire au sérieux et la mesure de la conspiration ; entreprendre un film d’espionnage (avec des acteurs, des vrais) et donner à l’un deux les rennes d’une enquête complexe, haletante, pleine de chausse-trappes et de mystères qui finiront par dépasser notre homme et le tuer. Y introduire une histoire d’amour digne de ce nom, sans quoi il n’est point d’espionnage. On pense au remarquable Espion, lève-toi d’Yves Boisset en 1982. Mais aussi pour une fin triomphale, cette fois-ci, aux Hommes du Président (Pakula 1976), et nous revivons dans un moment de liesse l’enquête de Bob Woodward et de Carl Bernstein qui a fait chuter Nixon.

Au lieu de cela, Miesh nous propose une bande dessinée filmée insipide dont les personnages ne semblent pas très concernés. Il faut rappeler que Miesh s’est déjà illustré dans cet exercice qui consiste à filmer une BD, avec Nestor Bruma. Ici, la trame du film se base sur des éléments du dossier comme un certain nombre de révélations des carnets saisis du chef des services secrets français, le Général Rondot. Et de supputations sur les 23 carnets d’Yves Bertrand, patron des RG de 1992 à 2003. Le citoyen moyen qui aura suivi l’affaire d’après ce qu’ont pu lui rapporter les médias, n’apprendra rien de neuf. L’homme à qui profite le crime ressemble à Dominique de Villepin, campé par un Pierre Arditi, star esseulée au milieu de quatrièmes couteaux dont l’inénarrable Jean-Pierre Castaldi, qui par sa seule présence transforme Streamfield en sous-téléfilm raté.

Titre original : Streamfield les carnets noirs

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Durée : 105 mn


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