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Ressortie : « American Graffiti » de George Lucas

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La jeunesse américaine des années 60, bercée par le rock´n´roll, nourrie aux frites et aux burgers et intriguée par la drague au volant de voitures mythiques.

Nomination aux Oscars du meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario, meilleur montage et meilleur second rôle féminin (Candy Clark) en 1974, Golden Globe du meilleur film de comédie et meilleur jeune espoir masculin (Paul Le Mat), ainsi que nominations aux Golden Globes du meilleur réalisateur et meilleur acteur dans une comédie (Richard Dreyfuss) en 1974, autant dire qu’American Graffiti a marqué les esprits. Écrit et réalisé par George Lucas, produit par Francis Ford Coppola, le film et sa suite (Bill Lloyd Norton, 1979) montrent les périples amoureux d’un groupe de jeunes dans une petite ville californienne.

Aux volants de leurs voitures, Cadillac, Pontiac, Chevrolet, Ford, ils arpentent les rues à l’affût d’une blonde aperçue en route pour Curt (Richard Dreyfuss), qui finalement fait le casse-cou avec une bande de rebelles. En couple, Steve et Debbie sont à la recherche d’un lieu tranquille pour se dire adieu (Steve partant le lendemain pour l’Université). Ou bien John (Paul Le Mat), à la recherche d’un challenger pouvant le défier à la course de vitesse, concurrencé par un cow-boy dragueur (Harrison Ford). Sans oublier le moins beau de la bande malheureux de son insuccès auprès des femmes, qui avec chance et surtout grâce à son pote qui lui prête sa voiture de rêve, emballe dès le premier soir une jolie blonde un peu spéciale.

 



George Lucas et Francis Ford Coppola

C’est Francis Ford Coppola qui a poussé George Lucas à faire un film sur les teenagers de son époque. Très vite inspiré par ses souvenirs et accompagné dans son écriture par Gloria Katz et Willard Huyck, le réalisateur décide de donner une image très réaliste de ce qu’il appelle « la drague en voiture », typique des années 60 aux États-Unis. Avec des acteurs incroyables comme Richard Dreyfuss, Ron Howard mais aussi Harrison Ford dont la carrière a été lancée par George Lucas grâce aux séries Indiana Jones et Star Wars, bref, un bouquet d’acteurs qui après American Graffiti ont connu le succès mondial.

George Lucas, dans les années 60, était un parfait inconnu. Après THX 1138 (1970), son premier long métrage, il se lance dans la réalisation d’American Graffiti, sans trop savoir où cela va le mener. Le casting réalisé s’écoule sur plusieurs mois pour finalement retenir la crème de la crème des adolescents de l’époque, aussi charismatiques que fragiles, pour certains déjà bien connus du grand public. Quant au scénario, on retrouve tout ce qui chavirait et chahute encore les esprits des ados : les premiers amours, les premières fois, les voitures, les sorties avec les copains, les soirées ou les bals de promotion.

Un film populaire

L’insouciance d’avoir moins de vingt ans, l’importance de la réputation, le manque de réflexion dans certaines situations complètement dangereuses, l’envie de dépasser les limites, voilà ce que propose le film à voir et à juger. Au final, des années 60 à nos jours, avons-nous réellement changé ? Une belle voiture, ça impressionne toujours les filles. Le film et sa suite montrent les filles encore plus rêveuses et amoureuses que jamais, les garçons avides de sensations fortes et d’expérience, et malgré ces clichés, des situations hors du commun qui se forment, des penchants amoureux qui se créent, des aventures nouvelles qui se profilent.

L’intérêt du teen movie n’est-il pas de faire vivre les expériences des acteurs aux spectateurs, ou bien de leur rappeler quelques souvenirs, provoquer une envie certaine de participer à leurs aventures ? Avec American Graffiti, rien n’est plus plaisant que de s’imaginer aux côtés de Curt ou de Steve, au volant de voitures de rêve, dans une société américaine en pleine croissance et révolution culturelle. Après Mai 68, le doux songe d’une envolée sauvage au pays du rêve américain ne peut que charmer.

Rock’n’roll baby !

La manière dont le réalisateur expose la culture rock’n’roll a de quoi convaincre les amateurs et professionnels de musique : des Beach Boys aux Platters, sans oublier Buddy Holly, le film suit le rythme des morceaux pour donner le ton à l’action. Et chose assez atypique, George Lucas a lui-même choisi les musiques du film, en fonction desquelles il a écrit le scénario. Dans un contexte d’insouciance, de guerre du Viêt Nam, d’invasion du rock anglais sur les ondes américaines, le réalisateur et toute sa fine équipe montrent les tensions que la société pouvait montrer à cette époque, dans les années 60-70. Et pourtant, American Graffiti se veut un film populaire, commercial, flâneur et divertissant.

 

 

Quelques scènes ont le mérite d’être claires. Le film, en plus de montrer les adolescents et leurs comportements de l’époque, dresse le tableau d’une Amérique friande du drive-in, de ses couleurs vert anis à rouge pétant, de ses rues larges et infinies, telle qu’on l’imagine encore aujourd’hui. Dans une scène finale, John affronte son challenger dans une course de vitesse en voiture. La puissance masculine, l’attrait de la course, l’envie d’être le meilleur, cette image est plutôt conforme à celle des États-Unis alors en pleine guerre du Viêt Nam. Même s’ils ne sont que des adolescents entêtés et inconscients, il reste aux spectateurs le show de l’impossible, du rêve, de la fureur d’exister aux yeux des autres.

Et dire que ce film n’aurait pas pu exister si Coppola n’avait pas été là, apportant son nom et son aide après la réussite en salles du Parrain (1972). American Graffiti n’a été lancé qu’avec la somme de 750 000 dollars. Trois scénaristes, deux hommes de talent, des acteurs incroyables et qui transcendent par leurs jeux de rôle toutes les générations jusqu’à aujourd’hui, American Graffiti est aux amoureux du teen movie ce que le chocolat est aux gourmands !

 

©Moonriver Entertainment

Titre original : American Graffiti

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Genre :

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Durée : 110 mn


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