My Best Men

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Very bad mariage !

On ne va pas aller jusqu’à dire que Stephan Elliott déçoit, sa filmographie ne nous a pas vraiment préparé à de grandes espérances. Le (cu)culte Priscilla, folle du désert vit un vieillissement express et ne peut compter que sur ses bonnes intentions. Le Voyeur n’est sans doute pas aussi mauvais qu’on a bien pu le dire, mais n’est pas bien utile non plus. Reste l’erreur de parcours : le fort divertissant Un Mariage de rêve où le goût de l’exotisme british se mêle à un duel de haut niveau entre Kristin Scott Thomas et Laura Biel. My Best Men est l’inverse de son prédécesseur. Pas (ou si peu) drôle, pas subtil et mal joué. Et surtout pas inspiré. Le film lorgne sans vergogne vers le succès de Very Bad Trip. My Best Men, c’est donc à la lettre Very Bad Trip mais pendant le mariage et avec un mouton.

L’anglais David s’envole avec ses trois meilleurs potes vers l’Australie pour épouser sa dulcinée, fraîchement rencontrée sur une plage idyllique – il a eu le bon goût de lui demander sa main en la filmant, de manière incompréhensible elle a dit oui. Après un enterrement de vie de garçon bien arrosé et bien enfumé, les catastrophes vont s’accumuler durant la cérémonie : la gueule de bois du témoin dépressif, le dealer amoureux de l’autre, le mouton familial stone qu’il faudra fister (oui !)… On plonge à pieds joints dans l’humour scato-régressif du confrère américain, mais sans le travail sur la construction du film qui avait assez bien fait passer la pilule du premier Very Bad Trip

Évidemment, on ne demande, ni n’attend une grande finesse de My Best Men. Ni même d’être aussi percutant qu’un Mes Meilleures Amies qui avait largement animé les zygomatiques sur un sujet proche l’été dernier. On lui demande juste le minimum syndical : de faire son job, d’être drôle. Quitte à exploiter des clichés éculés, autant s’en donner à cœur joie et ne pas hésiter devant le ridicule. Mais My Best Men est d’une paresse étonnante et exécute scènes et vannes sans réelles convictions. Dramatiquement, ses (rares) bonnes idées sont expédiées à la limite du compréhensible et reléguées en arrière-plan : les meilleurs coups de langue de la fausse lesbienne grimée en Beth Ditto et la gesticulation burlesque du dépressif sur un escalator sont alors à peine visibles. Olivia Newton-John, elle, est par contre immanquable en belle-mère bourge, et s’active de manière quasi hystérique au plus près de la caméra, coincée qu’elle est dans son rôle de matrone totalement désinhibée depuis son album Totally Hot et sa transformation en super pouf dans Grease (1978).

Mais poudre blanche, gros bras armés, défécation animale… Tout ça s’oublie vite dans un finale gentillet qui prône la réconciliation de toutes parts. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. On oublie ses doutes, on se tombe dans les bras et on fait comme si de rien n’était pour pouvoir afficher le mot fin à l’écran. Certes la fin du film est une délivrance pour le spectateur, mais elle a un goût bien amer.
 

Titre original : A Few Best Men

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Durée : 107 mn


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